Le Plateau, les hommes du Saumon

Traditionnellement, les Salishs du littoral ouest commerçaient avec leurs frères par la langue vivant à l’intérieur des terres.

Mais les plus actifs des intermédiaires étaient les Chinooks, réseau de petites tribus autonomes réparties sur le cours inférieur de la Columbia. Trait d’union entre deux régions différentes, les Chinooks s’adonnaient à deux activités : la pêche au saumon et le commerce. C’est sous leur contrôle que s’échangeaient fourrures, poissons séchés, huile de poisson, coquillages, vannerie… et esclaves.
C’est à proximité du confluent des rivières Columbia et Deschutes que se situaient les points de rendez-vous. Les négociations se conduisaient dans une langue composite, mélange de salish, de chinook et de nootka. Communément appelé le « chinook », ce jargon intégra des mots français et anglais dès que les Blancs furent partie prenante dans ce commerce au début du XIXe siècle… Présence logique car, dès 1775, des vaisseaux faisaient escale le long de la côte et échangeaient avec les Nootkas et les Makahs des produits de fabrication européenne. Ainsi, des ustensiles en métal étaient entre les mains d’Indiens qui n’avaient jamais rencontré de Blancs.
Cause ou conséquence de cette vocation commerciale, la région, relais entre le Nord et le Sud, l’Ouest et l’Est, était une mosaïque de cultures. Certaines tribus de l’ouest du Plateau subissaient l’influence des sociétés très structurées des tribus de la côte pacifique ; d’autres, à l’est du Plateau (Kootenais, Cœurs d’Alêne, Flatheads, Nez-Percés, Yakimas, Cayuses), avaient largement adopté le mode de vie des Indiens des Plaines axé sur la chasse aux bisons.
Seules les tribus de langue salishan du centre de la région (Shuswaps, Thompsons, Lakes, Sanpoils, Spokans) menaient une existence hors de toute influence extérieure, simplement rythmée par les saisons et la nécessité toujours renouvelée de procurer de la nourriture à la communauté. Dès le printemps, hommes et femmes s’égaillaient dans la nature, les uns pour chasser les lapins ou pêcher quelques poissons, les autres pour récolter les premières racines ou plantes comestibles. Au mois d’avril, les campements d’hiver étaient abandonnés et les tribus s’installaient pour les beaux jours à proximité des rivières.
Les sites de pêche étaient soigneusement repérés et préparés pour piéger ou harponner le maximum de poissons remontant vers les frayères. Les passages les plus étroits étaient creusés et tapissés de pierres et de graviers blancs afin de mieux apercevoir le furtif scintillement du saumon remontant le courant. A certains endroits propices au harponnage, les Indiens installaient des aplombs en bois; en d’autres places, ils construisaient des barrages. La pêche se poursuivait pendant tout l’été jusqu’à la fin de la période de frai.
L’automne venu, les Indiens réintégraient les campements d’hiver faits d’abris à demi enterrés, recouverts d’herbes sèches et de branchages et conçus pour résister aux rigueurs de la saison froide. La nourriture et le bois de chauffage étaient soigneusement stockés. Pendant l’hiver, les Indiens s’éloignaient peu du campement. Les femmes se livraient à des travaux de vannerie et de couture, les hommes partageaient leur temps entre le jeu et de brèves sorties de chasse. Le solstice d’hiver était l’occasion de fêtes et de danses pour se concilier les esprits et se donner le courage d’attendre, confiant, le retour du printemps.

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Aux abords du Colorado

L’apparition du cheval modifia le mode de vie des Utes du Colorado.

Dès le XVIIe siècle, ils firent des incursions dans la grande plaine pour y chasser le bison. Leurs mœurs devinrent plus guerrières et ils furent au contact des Espagnols à la faveur de conflits avec les Comanches, les Apaches et les Navajos. Les autres Indiens du Grand Bassin restèrent isolés plus longtemps. Rares étaient les Blancs à s’aventurer dans une région aussi désolée, jusqu’à l’arrivée des Mormons, les « Saints des derniers jours » conduits par Brigham Young en 1847. Les relations avec ces nouveaux venus installés près du Grand Lac Salé dégénérèrent très rapidement, faisant place aux désordres et aux affrontements. Simultanément, un autre événement allait bouleverser l’ouest américain : le 24 janvier 1848, on découvrit de l’or en Californie dans la scierie du capitaine John Sutter. En quelques mois, la nouvelle se répandit et une ruée de prospecteurs, miséreux et aventuriers s’abattit sur la Californie et le Nevada où l’on avait aussi trouvé de l’or et de l’argent. Cette « ruée vers l’or » bouleversa rapidement l’équilibre de la région : pour quelques rares prospecteurs, la fortune était au bout du chemin. Quant aux Indiens, condamnés à la fuite ou à la misère, beaucoup moururent des maladies des Blancs : le choléra, à lui seul, fit plus de deux mille victimes. En 1872, du minerai d’argent fut trouvé sur les terres des Utes, dans la chaîne des San Juan. Prospecteurs et colons entamèrent une campagne inlassable pour qu’on expulse les Indiens de la région. Menés par le chef Jack, les Utes se révoltèrent. En septembre 1879, ils infligèrent même de lourdes pertes à la cavalerie américaine (bataille de Milk Creek) avant de devoir, comme leurs frères, rendre les armes,

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Les hommes du Coyotte

A l’exception des Utes du plateau du Colorado, les tribus Shoshones, Bannocks, Paiutes, Washos du Grand Bassin vivaient à l’abri des montagnes environnantes sans être influencées par d’autres cultures.

De tempérament pacifique, c’est à la recherche de ia nourriture qu’elles consacraient l’essentiel de leur activité. Cette quête se faisait par petits groupes de quelques familles, afin de limiter les besoins et le nombre de bouches à nourrir. Plusieurs groupes pouvaient se réunir quand survenait une période de relative abondance.
Du fait de cette dispersion en petites unités nomades, l’organisation tribale était légère et souple, la famille restant l’unité de base. Pour des opérations ponctuelles, cérémonies, chasse ou expédition guerrière, un responsable était désigné. Choisi pour son habileté, ses connaissances ou son courage, son pouvoir cessait à la fin de l’opération. Les décisions importantes étaient prises après consultation des anciens, réputés pour leur sagesse.
Quand, au début du XIXe siècle, les Américains furent en contact avec les Indiens du Grand Bassin, ils les appelèrent par dérision diggers car, grattant et fouillant le sol, ceux-ci consommaient, faute de mieux, racines, insectes, chenilles, serpents, lézards et petits rongeurs. En fait, ils se contentaient de ce que la nature proposait, même quand elle oubliait d’être généreuse. Heureusement, d’autres opportunités se présentaient : à la sortie de l’hiver, les tamias réapparaissaient en grand nombre, précédant le passage du gibier d’eau, oies, canards, courlis, pour qui les marais et les étangs constituaient des étapes dans leur migration vers le nord. Les Indiens réalisaient des leurres pour inciter les vols à se poser, et des embarcations en joncs leur permettaient une discrète approche des oiseaux et le chapardage des œufs dans les nids. La proximité de l’eau favorisait aussi la récolte des pousses de cattail et la pêche du maximum de poissons, lesquels, vidés et séchés, deviendraient des réserves pour les jours difficiles.
Dès le retour de la saison chaude, les tribus progressaient insensiblement vers des sites plus en altitude pour y trouver de meilleures conditions de vie, aventure renouvelée chaque année car la nature capricieuse transformait d’un été à l’autre le lac ou le cours d’eau en marécage boueux, voire en simple trace entre les rochers. Au mois de septembre venait le moment de récolter les cônes du pin pignon. Ces beaux arbres de 10 à 12 mètres croissaient aux flancs des montagnes parmi les massifs de genévriers. Mais chaque arbre ne produisait que tous les deux ou trois ans, aussi des émissaires partaient à la recherche des meilleurs producteurs. Ceux-ci localisés, hommes, femmes et enfants participaient à la récolte des « pignes », un des produits de base de leur alimentation.
A la fin de l’automne, les Indiens redescendaient vers le désert. C’était le moment pour eux d’organiser la chasse au lièvre du désert, le célèbre blacktail. Bien que traqué toute l’année, ce gibier était, à l’approche de l’hiver, à son effectif maximum. Pour mener à bien leur entreprise, les Indiens réalisaient des filets de 100 à 150 mètres en fibre de chanvre. Les mailles des filets laissaient passer la tête et les oreilles de l’animal, mais non le corps. Plusieurs filets étaient disposés successivement dans un vallon et des rabatteurs poussaient les animaux vers les pièges.

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Californie, pêcheurs et vanniers

En remontant la Californie vers le Nord, se trouvait le pays des Pomos répartis en trois groupes.

Le plus important vivait sur le littoral dans une zone balayée par les vents du large; le deuxième groupe, au-delà de la forêt de séquoias, dans la souriante vallée de la rivière Russian; le troisième enfin, sur les rives du lac Clear (200 km2), réserve inépuisable de poissons et relais pour le gibier d’eau migrateur, agréable plan d’eau enchâssé dans la verdure. Ces différentes conditions de vie n’altéraient en rien l’unité culturelle des Pomos qui avaient mis en place une sorte de monnaie pour régler leurs transactions avec les autres tribus (cordages de fibres, pointes de flèches, fourrures de phoques, coquillages…). L’une des richesses des Pomos était le sel, que des eaux saumâtres laissaient en dépôt l’été. Cette denrée recherchée était à disposition des autres Indiens contre paiement en cadeaux… mais les chapardeurs étaient poursuivis sans pitié. Toutes les tribus de la région partageaient les mêmes traits dominants : structure sociale basée sur la famille, sens du territoire, primauté et autorité accordées aux plus riches, tempérament pacifique préférant la négociation à l’affrontement, échanges commerciaux actifs entre tribus donnant prétexte à expéditions conjuguant l’intérêt et l’aventure. Ainsi les Pomos du littoral commerçaient avec leurs frères de l’intérieur, et les Yuroks de la rivière Klamath avec les Hupas de la rivière Trinity. Chargés par les militaires de convertir les Indiens à la « vraie foi », franciscains et dominicains fondèrent vingt et une missions de 1769 à 1820 (San Diego en 1769, San Francisco en 1776). Cette association du sabre et de la croix se traduisit par un véritable esclavage des Indiens. Contraints d’abandonner leurs villages, ils furent regroupés autour des missions et devinrent agriculteurs sédentaires. Leurs conditions d’existence étaient d’une extrême dureté; les trois quarts d’entre eux disparurent en quelques dizaines d’années, victimes des épidémies et de très mauvais traitements (travail harassant, nourriture insuffisante, fouet, mise au fer, marquage au fer rouge…). L’indépendance du Mexique en 1823 marqua la fin des missions. Les ranches américains cherchèrent à recruter des jeunes Indiens : autres maîtres, autres misères, que rien ne viendra atténuer dans les années qui suivirent. La ruée vers l’or et l’expansion américaine précipiteront le déclin des Indiens de Californie malgré plusieurs légitimes révoltes.

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Californie, les hommes du cerf

En limite du désert qui porte maintenant leur nom, les Mojaves vivaient le long du cours inférieur du Colorado.
Sur une étroite frange de terre fertile, ils cultivaient maïs, haricots, courges et complétaient leurs ressources alimentaires par des récoltes de baies, de figues, de racines et aussi par la pêche et la chasse aux lapins. Deux particularités distinguaient les Mojaves des autres peuples californiens : un penchant immodéré pour les activités guerrières, qu’ils menaient contre les Yumas vivant plus en aval sur le Colorado, et leur goût pour les échanges commerciaux. Les Mojaves étaient curieux des mœurs de leurs voisins, mais peu enclins à modifier leur propre mode de vie. Dans le sud de la Californie, d’autres tribus de même langue hokane vivaient en bordure d’océan : Tipaïs, Luisenos, Chumashs. Les membres de cette dernière tribu excellaient dans la pêche en mer : baleines, dauphins, phoques, loutres de mer étaient chassés à bord de pirogues calfatées au bitume. Armés de leur pagaie, trois ou quatre hommes harponnaient leurs proies ou les prenaient dans les mailles de leurs filets d’herbes marines tressées. Dans les eaux basses du littoral, ils aménageaient des pièges à poissons ou usaient de plantes toxiques qui mettaient leurs proies en état d’inertie. Ils faisaient aussi ample moisson d’huîtres, de moules, de pétoncles.
Plus au nord commençait le territoire des tribus de langue penutiane (Yokuts, Miwoks, Costanoans), disséminées dans des villages où les maisons avaient la forme de dôme ou de cône suivant le matériau de couverture (herbes ou bois). Les Indiennes étaient expertes en vannerie et toutes ces tribus vivaient pacifiquement sous l’autorité du plus riche. Cette dignité était souvent héréditaire et pouvait être assumée par une femme.
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La Californie, le Grand Bassin, le Plateau

Faute de constituer des entités aussi fortes que les autres régions sur les plans géographique, culturel ou historique, la Californie et le Grand Bassin furent fréquemment regroupés et le Plateau rattaché aux Plaines. Il est maintenant admis de les considérer comme des régions à part entière du fait de leurs particularités.

La Californie
C’est la région la plus hospitalière du continent nord-américain. Le climat est chaud sans excès, la terre fertile et bien irriguée par un harmonieux réseau de rivières. Seule exception, au sud, le désert des Mojaves constitue une enclave plus aride, proche des paysages du Grand Bassin. En Californie, la population indienne était relativement dense et bénéficiait de conditions de vie optimales : gibier abondant, végétation riche et variée. Tous les matériaux nécessaires à la fabrication des armes et des outils, à l’édification des abris, étaient disponibles. Cette population présentait une grande homogénéité de mœurs et de mode de vie malgré l’importante diversité de langages : plus de cent dialectes rattachés aux familles athabascane, penutiane et hokane. Ces peuples vivaient en bonne intelligence, échangeant leurs produits et respectant le territoire de leurs voisins. Les rares différents étaient réglés davantage par la négociation que par les armes.

Le Grand Bassin
Cette région, incluant la totalité du Nevada et de l’Utah, la moitié des Etats de l’Oregon, de l’Idaho, du Wyoming et du Colorado, peut se scinder en deux parties.
a) Le Grand Bassin proprement dit, vaste plateau situé à plus de mille mètres d’altitude et limité à l’ouest par la Sierra Nevada (Mont Withney 4 341 m), au nord par la vallée de la rivière Snake et les monts de la rivière Salmon, à l’est par les monts Teton et Wasatch, au sud par la Vallée de la Mort au bord du désert des Mojaves.
b) A l’est, le plateau du Colorado avec les rivières Green et Colorado, cerné par des chaînes montagneuses où se trouvent plusieurs sommets dépassant 4 000 mètres.
Ces frontières naturelles constituent autant d’écrans qui font du Grand Bassin l’une des régions les plus arides du monde. La chaleur y est intense, dans un paysage de sable et de roches. Quelques orages violents maintiennent le niveau des mares et des étangs, mais l’essentiel de l’irrigation provient des montagnes dont les ruisseaux et les torrents viennent, au printemps, alimenter les rares cours d’eau.

le plateau
Limité à l’est par les montagnes Rocheuses, le Plateau comprend le sud de la Colombie Britannique et une part importante des Etats de Washington, de l’Oregon, du Montana et de l’Idaho. Deux familles linguistiques se partageaient la région : le groupe penutian/shahaptian avec les tribus Nez-Percés, Cayuses, Yakimas, Walla- Wallas, Klikitats… et le groupe salish : Cœurs d’Alêne, Flatheads, Shuswaps, Thompsons… Seule la tribu Kootenai habitant les monts Selkirk échappait à cette classification. Sa langue était un isolât que certains linguistes rattachent au wakashan et à l’algonquin, d’autres à l’athabascan.
La vie de toutes tribus s’organisait en fonction des axes de communication que constituent les cours d’eau ; au nord la Fraser et les rivières Bridge et Lillooet, au sud la Columbia et ses nombreux affluents. Ces voies d’eau étaient une réserve inépuisable de ressources alimentaires (saumons, esturgeons, truites…) pour les tribus riveraines ; elles permettaient aussi de constantes relations commerciales entre la côte Pacifique et l’intérieur, en facilitant la circulation et l’échange des produits.

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Sud-Ouest, agriculteurs en Arizona

Dès le milieu du XVIIe siècle, certaines bandes apaches s’installèrent dans des villages sur le modèle Pueblo, combinant agriculture, chasse et élevage.

Ils devinrent les Navajos pour les Espagnols et, comme leurs frères Apaches, d’irréductibles adversaires de l’invasion des hommes blancs. Leur lutte ne cessera que dans les dernières années du XIXe siècle, jusqu’aux ultimes affrontements conduits, pour les Navajos par Narbona, Ganado Mucho et Manuelito, pour les Apaches par Mangas Coloradas (« Manches Rouges »), Cochise, Victorio et Geronimo. Jamais leur courage ne faiblit : les Navajos y gagneront le droit de revenir sur leur terre après plusieurs années d’exil, les Apaches étant répartis entre l’Arizona, le Nouveau- Mexique et l’Oklahoma.
Les Pimas, les Papagos du sud de l’Arizona et les Yumas à l’extrême sud-ouest du même Etat connurent une histoire moins riche en péripéties mais tout aussi sanglante. Défaits à plusieurs reprises par les Espagnols et, plus tard, par les Américains, ces paisibles cultivateurs choisirent finalement l’alliance avec les Blancs contre les Apaches qui les dépouillaient régulièrement.
Les miracles arrivent aussi quelquefois… Certains Indiens vécurent en marge de l’Histoire et eurent la chance de n’être découverts qu’en 1776 par le franciscain Francesco Garces. Bien cachés au creux du Cataract Canyon, les Havasupais, ou « peuple de l’eau bleu-vert », étaient cultivateurs et chasseurs. Ils vivaient dans un petit paradis de verdure… et ils y sont toujours !

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Sud-Ouest, les rebelles des montagnes

L’abandon des sites troglodytes reste mystérieux.
Des événements vinrent sans doute bouleverser la vie des Hohokams, Mogollons et Anasazis qui coexistaient dans la région, entraînant migrations, éclatements des communautés ou rapprochements de certaines tribus. Ces peuples furent-ils victimes de perturbations climatiques (sécheresse ou forte pluviométrie ?) ou de la menace qu’exerçaient sur eux d’autres hommes agressifs et pillards ? Ces prédateurs étaient- ils les Apaches, bandes venues du nord et dont l’arrivée dans la région n’est pas datée avec certitude ? Intrus dans un monde paisible, les Apaches étaient chasseurs nomades. Se déplaçant rapidement par petites unités, n’obéissant qu’à leurs seules impulsions hors de toute autorité, ils hantaient montagnes et déserts. Pour subsister, ils agressaient et pillaient les cultivateurs. Face aux envahisseurs blancs, qui se révèlent encore plus prédateurs qu’ils ne l’étaient eux-mêmes, les Apaches témoignèrent d’une hostilité qui jamais, au fil des siècles, ne se démentit. Mais ils ne furent pas les seules victimes de cette lutte implacable : les paisibles Indiens des villages y gagnèrent un nom (Pueblos) et y perdirent leur liberté.

Cette histoire longue et sanglante commence un matin de mai 1539. Une troupe forte de plusieurs centaines d’Indiens se présente aux abords du village zuni de Hawikuh. Leur chef, qui s’attribue des pouvoirs de sorcier, s’appelle Estavanico. Cette troupe est l’avant-garde d’une expédition envoyée par Antonio de Mendoza, vice-roi de la Nouvelle-Espagne, et conduite par frère Marcos de Niza. Estavanico, prétentieux et borné, aborde les Zunis avec agressivité et se retrouve criblé de flèches, entraînant dans la mort une bonne partie de son escorte. Les survivants s’enfuient et relatent leur triste aventure à Marcos de Niza ; celui-ci s’avance prudemment et aperçoit de loin un village zuni qui lui semble étinceler dans le soleil couchant. A son retour à Mexico, il fait la description enflammée d’une cité couverte d’or… Le vice-roi monte une importante expédition dont il confie la responsabilité à Francisco Vasquez de Coronado. A la recherche des « sept cités de Cibola », jalonnant son parcours de destructions et de massacres, Coronado poursuivra pendant deux ans sa vaine recherche de fabuleux trésors à travers l’Arizona, le Nouveau-Mexique et jusqu’au Kansas. L’échec de son expédition incita les Espagnols à changer de stratégie. Sans mettre fin à leurs brutalités et à leurs exactions, ils se fixèrent dès lors trois objectifs pendant un siècle pour asseoir leur autorité sur la région et réduire l’opposition apache : soumettre les Pueblos et les convertir au christianisme ; en faire ensuite des alliés contre les Apaches ; quadriller le pays de presidies, solides places fortes tenues par des soldats.
En d’autres termes, les Espagnols jouaient des rivalités entre Indiens pour asseoir leur emprise sur la région, méthode que les Français et les Anglais allaient plus tard, en d’autres lieux, utiliser à leur profit. Cette politique fut mise en place avec succès… mais les excès commis à l’égard des Pueblos, tenus en état d’esclavage, aboutirent à leur révolte en 1680. Les Espagnols les soumirent définitivement en 1694.

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L’aire arctique, les hommes du phoque

Alors que le détroit de Béring fut le passage obligé pour les peuples du centre de l’Asie, la migration Inuit fut le fait d’hommes qui vivaient au nord-est de la Sibérie, au voisinage du cercle polaire, et qui se déplacèrent lentement vers l’est et l’actuel Alaska.

Migration par la banquise ou par voie d’eau, qui se poursuivit vers l’extrême nord canadien et le Groenland. Ces peuples furent sans doute les derniers à passer d’Asie en Amérique (vers 3 000 av J.-C.) ; ils restèrent plus proches par la culture et la langue de leurs cousins nord-sibériens que des Indiens du continent. Les Inuits (« hommes » dans leur langage) devinrent, pour leurs voisins du sud, les Esquimaux (de Askimon en algonquin-cree : « il mange cru »), allusion à leur habitude de consommer sans cuisson la viande de phoque.
On peut distinguer trois zones principales dans ce monde inuit qui s’étend sur plus de 7000 kilomètres d’ouest en est :
- A l’ouest, tout le littoral de l’Alaska, des îles Aléoutiennes à l’embouchure du Mackenzie. Les Aléoutes, les plus au sud, construisaient leurs habitations avec du bois et des ossements de cétacés ; les plus septentrionaux vivaient dans des abris à demi enterrés recouverts de terre.
- A l’extrémité est, le Groenland. Les Inuits y vivaient dans des constructions en pierre et chassaient les baleines dans le détroit de Davis. Ils furent dès le Xe siècle en contact avec les Vikings ; de ce rapprochement naquit un fructueux commerce de peaux, de fourrures et d’ivoire entre le Groenland et l’Europe du nord.
- La région centrale, du Mackenzie aux rives nord du Labrador, englobant les îles et les territoires autour de la partie septentrionale de la baie d’Hudson. Dans ces espaces, les Inuits ont dû affronter les rigueurs d’une nature hostile et mener un incessant combat pour leur survie dans les immensités de glace balayées par les vents polaires. Le vieillard qui ne pouvait suivre était abandonné avec quelques vivres dans un abri de glace. Si la nourriture venait à manquer, le cannibalisme pouvait être un recours : un enfant, généralement une fille, était sacrifié… Car les garçons étaient de futurs chasseurs. Rien ne devait compromettre la survie de la communauté.
Cette effrayante rigueur de vie n’était adoucie que par la relation que les Inuits entretenaient avec la nature et le surnaturel, leur conviction que les âmes des hommes et des animaux passaient de vie en vie, d’une espèce à l’autre. Cette vision les contraignait à respecter un ensemble complexe de rituels. Il fallait toujours, par exemple, séparer les activités de chasse et de pêche, ne pas utiliser les mêmes armes, ne pas porter les mêmes vêtements pour l’une et l’autre activité… ne pas manger la chair du caribou le même jour que celle du phoque. L’animal piégé était exécuté selon un cérémonial précis : son âme devait être remerciée pour le succès accordé au chasseur. Satisfaite des égards qu’on lui avait témoignés, cette âme irait habiter un autre animal et s’offrirait à nouveau aux coups des hommes.

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Le Sud-Ouest, les hommes du serpent

La région sud-ouest s’étend de part et d’autre de la frontière mexicano-américaine…

… Au sud, au-delà du 30e parallèle, les provinces mexicaines de Sonora, de Chihuahua, de Coahuila et du Nuevo Léon, au nord les Etats de l’Arizona, du Nouveau-Mexique et la partie méridionale du Texas jusqu’au golfe du Mexique.Seule cette seconde partie nord-américaine est prise en compte pour respecter les limites définies pour cet ouvrage.
Le Sud-Ouest apparaît comme une terre de contrastes. Sous un ciel d’un bleu permanent s’offre au voyageur le spectacle d’un paysage grandiose où alternent montagnes, canyons, déserts, falaises en colonnes tronquées, plateaux posés sur le sable telles d’immenses barques retournées, les mesas… un paysage brossé en couleurs chaudes où se mêlent toutes les nuances du brun, de l’ocre, du rouge et du jaune. Les sommets sont recouverts de forêts de pins et de genévriers, les sables et les rochers du désert parsemés de cactacées et d’épineux. Parfois, un violent orage éclate, obscurcissant le ciel et transformant le lit asséché des cours d’eau, les arroyos, en torrents boueux. Le désert se métamorphose brusquement et se décore des millions de fleurs qui attendaient la pluie.

Il fait froid la nuit, mais le jour la chaleur est accablante. Les oiseaux — cailles huppées, moqueurs, pies grièches — partent dès l’aube pour se nourrir, puis se réfugient à l’ombre le reste de la journée. Les pécaris et les petits écureuils terrestres — les tamias — affrontent les heures les plus chaudes mais seuls quelques lézards comme le chuckawalla sont capables de rester immobiles sur le rocher brûlant. La vie nocturne est beaucoup plus intense : innombrables, les petits rongeurs sortent de leur terrier pour faire provision de graines, s’exposant ainsi aux coups des prédateurs — serpents, oiseaux de proie, mammifères carnassiers… bassaris, blaireaux, renards, coyotes, chasseur ou chassé, chacun poursuivant plus faible ou plus petit que soi. Seuls les lynx et couguars ne craignent aucun adversaire.

Des fouilles effectuées en 1926 près de la ville de Cochise (Arizona), à cent kilomètres à l’est de Tucson, confirment la présence de peuples de chasseurs au moins 9 000 ans avant J.-C. Ils sont identifiés depuis sous le nom de « peuple de Cochise ». Mais à l’époque la région était froide et humide ; le dernier retrait des glaciers au nord du continent modifia le climat qui devint rapidement chaud et sec comme il l’est encore aujourd’hui. Le gros gibier, dont les bisons, s’exila vers le nord et les chasseurs s’adaptant à de nouvelles conditions de vie, devinrent cultivateurs. Au fil des millénaires, les hommes de la région améliorèrent leurs techniques et devinrent les premiers vrais agriculteurs du continent, aidés dans cette évolution par l’influence et les apports des civilisations mésoaméricaines : diversification des cultures, poterie, filage et tissage du coton.

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Le Grand Chemin

Dans le premier tiers du XIXe siècle, chacun admettait que cette vaste zone au centre du continent, ce grand « désert américain », était inhospitalier et impropre à la colonisation.

Cela aurait pu ménager, et pour longtemps, la tranquillité des Indiens des Plaines s’ils n’avaient pas, déjà à l’époque, payé un lourd tribut à la présence européenne sur le continent. Dès 1780 et sans interruption jusqu’à la fin du XIXe siècle, de graves épidémies de variole frappèrent les tribus : Tetons ( 1780), Omahas ( 1802), Comanches (1815), Osages (1828), Pawnees (1831), Mandans (1837), Crows (1845), Iowas (1848), Arikaras (1856), Kiowas, Cheyennes, Arapahoes (1861), Assiniboins, Atsinas, Blackfeet (1871), pour ne citer que les plus importantes. Certaines tribus disparurent presque totalement (Mandans), d’autres furent amputées du quart, de la moitié, voire des deux tiers de leurs effectifs. Les maladies transmises par les Blancs tuèrent plus d’Indiens que les balles des fusils.
Parallèlement, d’autres événements s’enchaînèrent, contribuant à précipiter le déclin des Indiens des Plaines : exode des tribus de l’Est vers l’Oklahoma et empiétant sur le territoire des Osages, Kiowas et Wichitas, afflux des colons sur la piste de l’Oregon (à partir de 1843) ou vers la Californie (dès la découverte de l’or en 1848), migration des Mormons (1846), développement des liaisons entre l’Est et l’Ouest (Pony-Express en 1860, diligences de la Wells-Fargo en 1862), construction et mise en activité du « cheval de fer » (1862- 1869), destruction du troupeau de bisons (consécutive à l’installation du chemin de fer), multiplication des implantations militaires fédérales… longue et tragique histoire dont la relation n’entre pas dans le cadre de cet ouvrage et qui trouva son épilogue à Wounded Knee en 1890 au terme des « guerres indiennes ». Seuls quelques noms demeurent dans la mémoire collective pour témoigner de la folie des hommes : massacre de Sand Creek, batailles de la Washita, de Rosebud, de Little Bighorn…

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Grande Plaine, les mangeurs de maïs

Les Indiens faisaient un large usage du tabac mélangé à d’autres végétaux : laurier, écorce intérieure de cornouiller, saule pourpre, peuplier, bouleau.

C’était pour eux un moyen efficace de se troubler l’esprit et de se rapprocher des dieux. L’usage du calumet était un rite propice à la réflexion, que l’on pouvait partager entre amis dans une ambiance de paix. Se passer le calumet de main en main, chacun tirant une bouffée, était la meilleure marque de confiance, la bonne façon pour sceller un pacte.
L’Indien des plaines maintenait le contact avec le monde des esprits par de nombreuses cérémonies avec incantations et offrandes… mais c’est par la danse qu’il parvenait à cet état où l’on semble échapper aux contraintes humaines. Ainsi lors de la célèbre danse du Soleil qui donnait lieu à des épreuves ou des mutilations volontaires. Les Indiens n’avaient pas peur de l’au-delà. L’autre monde était semblable au leur et les hommes s’y retrouvaient rassemblés selon la façon dont ils étaient morts : un guerrier tué au combat ne pouvait, à l’évidence, côtoyer sur les terrains de chasse de l’éternité un homme mort de vieillesse.
La mort d’un guerrier provoquait des manifestations évidentes de douleur ; son épouse se frappait la poitrine, se coupait les cheveux et s’infligeait de cruelles blessures. Certaines tribus abandonnaient le corps dans une caverne ou à la fourche d’un arbre, mais la plupart des peuples des plaines dressaient une plate-forme où le corps se décomposait lentement. Les chevaux préférés du défunt étaient tués pour l’accompagner dans l’au-delà ; ses armes, ses outils, ses biens étaient brûlés.

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Les Sioux Chiweres

Les Chiweres, « Ceux qui appartiennent à cette terre », regroupent les tribus Iowa, Missouri et Oto.

Au XVe siècle, il semble qu’ils formaient avec les Dhegihas et les Winnebagos une nation importante au nord des Grands Lacs. Dans leur migration vers le sud, ils laissèrent en route les Winnebagos sur les bords du lac Michigan et se séparent des Dhegihas. Conservant certaines traditions de la Grande Forêt, ils optèrent pour un semi-nomadisme associant agriculture et chasse aux bisons.
Pendant plus de cinq siècles, la Grande Plaine fut parcourue en tous sens par les tribus nomades. Entre elles et dans leurs rapports avec les Indiens venus de régions limitrophes (Nez-Percés, Shoshones, Apaches…) se pratiquaient des dialectes appartenant à sept grandes familles linguistiques (algonquian, siouan, caddoan, shoshonean, kiowan, penutian, athabascan) d’où une grande difficulté pour communiquer quand les intentions étaient autres que guerrières. La réponse fut la mise au point d’un langage par signes, sorte d’esperanto gestuel permettant de partager des informations ou de commercer. Ainsi Blackfeet, Crows, Pawnees, Comanches, Kiowas,

Nez-Percés, Apaches purent-ils échanger autre chose que des flèches ou des coups de tomahawk. Ce mode de communication était pratiqué avec une grande célérité, les signes s’enchaînant rapidement les uns derrière les autres. Les trappeurs d’abord, les soldats ensuite se familiarisèrent avec ce langage indispensable pour développer le commerce ou établir des relations de confiance. Tout porte à croire qu’ils n’en ont pas suffisamment usé pour mieux connaître et comprendre les Indiens des plaines.
Entre elles, les tribus utilisaient de nombreux signaux conventionnels :
Signaux de fumée en couvrant ou en découvrant un feu de branches et d’herbes, signaux de miroirs, de flèches enflammées, de couvertures agitées, de mouvements de chevaux.
Signes de piste laissés par les éclaireurs : pierres ordonnées suivant un code, marques dans l’écorce des arbres, herbes nouées ou branches cassées.

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Les Sioux Dhegihas

Groupe de tribus de langue siouan du centre de la région des plaines, les Dhegihas (« sur ce côté ») seraient venus de la vallée de l’Ohio vers 1500…

Ils comprenaient, au nord, les tribus Omaha, Ponça, Osage, Kansa et, au sud, sur le cours inférieur de l’Arkansas, la seule tribu Quapaw. Ces Indiens étaient semi-nomades et conjuguaient la culture du maïs et la chasse aux bisons.
Tatouages, peintures faciales et corporelles étaient connus dans tout le monde indien pour leurs « vertus protectrices ». Le guerrier des plaines y voyait aussi le moyen d’impressionner ses adversaires par un système de marquage témoignant de sa bravoure et de ses exploits. Souvent, le cheval du guerrier était également décoré pour vanter ses propres qualités et les mérites de son cavalier. Dans les formes traditionnelles de combat, le scalp pris sur l’ennemi mort ou blessé était signe d’exploit, tout comme le vol de chevaux lui appartenant. Mais le « coup » avait encore plus de prestige aux yeux du guerrier : chacun cherchait à toucher son adversaire du bout de son « bâton à coups », perche recourbée en crosse à une extrémité, parfois enrobée de fourrure et décorée de plumes témoignant des faits d’armes déjà accomplis. A l’âge du commerce avec les Blancs, les Indiens des plaines se procurèrent des pointes de lances et de flèches en métal. Pour le gibier, ils utilisaient des pointes simples, solidement fixées, qui pouvaient être récupérées et réutilisées. Les armes de guerre, par contre, étaient munies de pointes « barbelées » qui se détachaient et restaient dans la blessure. Les guerriers affectionnaient aussi les armes de poing : massues, casses-tête, haches et tomahawks au manche creux qui permettaient de fumer le tabac placé dans un foyer intégré à la lame.

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Grande Plaine, les Guerriers de Pierre

Leur survie dépendant de la chasse aux bisons, les Blackfeet, Cheyennes et autres Dakotas se déplaçaient dans la Prairie au rythme des migrations des troupeaux.
Les tipis pouvaient s’édifier en quelques heures et se démonter aussi vite quand l’urgence ou la nécessité imposaient un déplacement du village. Les femmes se chargeaient de leur édification, de préférence aux abords d’une rivière, et choisissaient l’emplacement des abris en tenant compte de la place de chaque occupant dans la hiérarchie du clan. Le clan était une division de la tribu agissant en « bande » indépendante. Il était constitué par plusieurs familles issues d’un même ancêtre, le plus souvent par filiation maternelle. Le chef responsable du clan pouvait être élu ou désigné par voie héréditaire (encore fallait-il prouver sa valeur !). Chaque tribu comptait trois ou quatre divisions regroupant plusieurs clans et ayant chacune un chef à sa tête. L’autorité était partagée par plusieurs hommes, ce qui permettait une harmonieuse distribution des responsabilités et des pouvoirs.
Les « sociétés » guerrières jouaient un rôle particulièrement important dans les tribus des plaines :
• les sociétés « gradées » étaient structurées par classe d’âge, chez les Blackfeet, Arapahoes, Mandans, Hidatsas. Chacun pouvait en franchir successivement les différents niveaux, depuis les néophytes jusqu’aux guerriers les plus titrés. Les jeunes pouvaient entrer dans la hiérarchie de la société en achetant leurs droits à leurs aînés
immédiats. Cela donnait lieu à force cadeaux et festivités. En agissant ainsi, les « vendeurs » avaient pour ambition d’accéder au niveau supérieur.
• les sociétés « non-gradées », concurrentes au sein d’une même tribu, existaient chez les Tetons, Crows, Cheyennes, Assiniboins, Omahas, Ponças. Aucune discrimination ne s’exerçait à l’égard de ceux qui rejoignaient leurs rangs, mais la valeur collective ou les exploits d’un guerrier d’exception comptaient beaucoup pour assurer la suprématie d’une société. Aussi la concurrence était-elle vive pour attirer les plus valeureux… et tous les coups permis pour chercher querelle et s’affronter sur le terrain.
La surenchère dans la bravoure conduisait les membres de certaines sociétés (la Miwatani des Tetons ou la célèbre Dog Soldiers des Cheyennes) à s’attacher par une large ceinture à un pieu fiché sur le champ de bataille s’obligeant ainsi à vaincre ou à mourir. Les guerriers « contraires » (Bow-String des Cheyennes) faisaient systématiquement l’inverse de ce que la logique commandait ; ils refusaient de rejoindre la bataille si leurs frères d’armes étaient vainqueurs mais s’engageaient avec fureur en cas de déroute.
Les sociétés pouvaient également concerner les femmes, soit comme éventuelles combattantes (Cheyennes), soit pour leur habileté dans certaines activités (par exemple travaux réalisés avec des piquants de porc-épic dans les tribus Cheyennes, Mandans, Hidatsas).
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Grande Plaine, autour des Cheyennes…

Pour ces communautés nomades, les bisons fournissaient l’alimentation et tous les matériaux nécessaires à la vie quotidienne.

Les mâles pesaient plus d’une tonne, les femelles de 650 à 800 kilos. La chair pouvait être consommée fraîche ou séchée (jerky). Le pemmicati était préparé avec cette viande séchée, réduite en poudre et mélangée avec de la graisse, de la moelle et des baies. Conditionné sous forme de saucisses (vessie ou intestin de bison), le pemmican se conservait pendant des années et constituait une réserve alimentaire particulièrement énergétique.
Les Indiens parvenaient à tirer profit de toute la carcasse de l’animal :
- avec la peau, ils fabriquaient des boucliers (pour les parties les plus épaisses comme le garrot), ils confectionnaient des vêtements, des mocassins ou des couvertures avec les cuirs plus fins. Les autres morceaux, assemblés, servaient à couvrir les tipis.
- avec les os, suivant forme et grosseur, ils fabriquaient des pelles (omoplates), des manches de tomahawk ou des arceaux de canot (côtes), des récipients (crânes) et divers outils (grattoirs, alênes…). Les plus gros étaient cassés et la moelle qu’ils contenaient recueillie pour la préparation du pemmican ; les petits éclats utilisés comme pointes de flèche.
- avec les cornes, on ornait les coiffures des chamans ou celles des guerriers les plus valeureux. On s’en servait encore pour la fabrication de certains arcs ou comme réserve à herbes.
Aucune partie de l’animal n’était oubliée, chacune répondant à un besoin : les dents (petits outils), la cervelle (assouplissement des peaux), les sabots (bouillis, ils entraient dans la confection d’une colle pour durcir les boucliers), la vessie (pemmican), les intestins (cordes des arcs), la queue (chasse-mouches), même la bouse des bisons était utilisée comme combustible.
La prairie était une région giboyeuse et deux autres cibles de choix s’offraient aux flèches des Indiens : le cerf de Virginie et l’antilope pronghorn. Cette dernière était aussi méfiante que rapide… mais l’importance de son troupeau, supérieur en nombre à celui des bisons, laissait quelque chance aux chasseurs.

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Grande Plaine, Pieds-Noirs et Gros Ventres

L’habileté et le courage des Indiens des Plaines étaient durement mis à l’épreuve lors de la chasse aux bisons.

Hors la période des grands rassemblements d’animaux, les chasseurs procédaient par petits groupes : progressant à quatre pattes, dissimulés sous des peaux de loup, ils s’approchaient de leurs proies. Celles-ci, dotées d’un odorat subtil mais d’une très mauvaise vue, étaient habituées à la compagnie des coyotes et des loups, prédateurs naturels éliminant les faibles et les malades. La technique des chasseurs consistait à s’approcher au plus près pour décocher leurs flèches à coup sûr. Mais, s’ils dépassaient une limite raisonnable, ils pouvaient déclencher la charge d’un mâle… En ce cas, il restait à l’imprudent à ne pas trembler et à armer solidement son tir. D’autres fois, plus prudemment, l’approche se faisait par des chasseurs enduits de graisse animale et cachés sous des peaux de bisons. On pouvait alors limiter les risques et viser à bout portant au défaut de l’épaule pour atteindre le cœur. En hiver, comme les orignaux de la Grande Forêt et du Subarctique, les bisons, du fait de leur poids, devenaient très vulnérables dans la neige profonde : ils échappaient alors rarement aux coups des chasseurs équipés de raquettes.
La traque des bisons était « ouverte » toute l’année pour les Indiens, mais c’est en été qu’avaient lieu les grandes battues collectives. Les tribus utilisaient la technique ancestrale du rabat vers une rivière ou une dépression naturelle comme pour les « longues cornes » (un site en Alberta était encore utilisé au milieu du XIXe siècle par les Siksikas). Une fois la stratégie définie avec précision, la bonne exécution et la réussite de l’entreprise dépendaient de la discipline de chacun. Toute initiative personnelle prise par quelque jeune en mal de prouver sa bravoure était sévèrement punie, car un troupeau prématurément alerté pouvait s’enfuir et priver la collectivité des ressources attendues. Il n’était en effet pas question, sans risque de déclencher un conflit, de chasser au-delà des limites du territoire de la tribu. Afin d’écarter le spectre de la famine et de reconstituer des réserves pour l’hiver, la période de la chasse s’ouvrait sur des cérémonies rituelles, des prières et des purifications afin d’obtenir la bienveillance et la protection des esprits, ainsi la danse du Bison.
Avec l’arrivée des Européens, les Indiens des Plaines firent deux acquisitions qui allaient bouleverser leurs techniques de chasse : le cheval puis les armes à feu. Avec le premier, les chasseurs n’eurent plus à ruser pour approcher les troupeaux. Galopant à côté des bisons, ils décochaient leurs volées de flèches ; un fusil en main, ils gagnèrent encore en efficacité. Hélas, ils n’étaient plus seuls à chasser et, en quelques décennies, l’immense troupeau sauvage qui peuplait la prairie fut exterminé.

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Les hommes du bison

La région des Plaines est un très vaste ensemble, unissant la partie méridionale des actuels Etats canadiens de l’Alberta, du Saskatchewan et du Manitoba à la zone côtière du golfe du Mexique.

Elle est limitée à l’est par la vallée du Mississippi et à l’ouest par les montagnes Rocheuses, soit un territoire égal à cinq fois la superficie de la France. Dans cette immense étendue, le climat présentait diverses variations tant du fait des différences de latitude que des écarts d’hygrométrie : vallées du Missouri, de la Platte, de l’Arkan- sas, de la rivière Rouge alternant avec les zones arides du Dakota du Sud, du Wyoming, du Colorado ou du Texas.

Un animal donnait son unité à cette région, le bison, dont le troupeau (de 25 à 30 millions de têtes au début du XIXe siècle suivant les estimations des contemporains) poursuivait d’année en année sa ronde immuable : migration vers l’ouest et le nord au printemps, vers l’est et le sud à l’automne. C’est cette source inépuisable de nourriture que les Indiens, bien avant l’arrivée des Blancs, du cheval et des armes à feu, poursuivaient à travers la Grande Prairie.

Une espèce voisine des bisons, les « longues cornes », était déjà chassée par les hommes 8 500 ans avant J.-C., ainsi qu’en témoigne un site découvert près de Kit Carson dans le Colorado. Les animaux étaient piégés suivant une technique simple et efficace : agitant armes et torches enflammées, les chasseurs effrayaient un troupeau et le dirigeaient vers un fossé naturel ou au bord d’une falaise. Les bêtes chutaient les unes sur les autres avant d’être achevées à la lance. Au fil des millénaires, les « longues cornes » disparurent et les bisons trouvèrent dans les vastes herbages de la Prairie des conditions d’existence idéales. De nombreuses autres espèces partageaient leur aire de vie : antilopes pronghorns, cerfs, ours et toute sorte de petit gibier à plume et à poil. Les hommes occupant cet immense terrain de chasse subirent au XIIIe siècle une période de grande sécheresse et durent fuir vers des zones plus hospitalières. Dès que les conditions climatiques redevinrent normales, vers 1400, des peuples de langues différentes arrivèrent des quatre points cardinaux : Algonquins venus du Subarctique et de la zone des Grands Lacs, Sioux de la Grande Forêt, Athabascans du Nord, tribus de langues shoshonean et kiowan de l’ouest, d’autres encore, de langue caddoan des régions méridionales.

Dès lors, la plupart de ces peuples adoptèrent un mode de vie très identique : nomadisme de la tribu, poursuite permanente du gibier… La chasse devint l’activité primant toute autre : pour la recherche de nourriture, bien entendu, mais aussi pour se procurer les matériaux indispensables à la vie de la communauté : peaux et fourrures, corne et os, nerfs et graisse. Belle occasion pour les jeunes Indiens de perfectionner la confection et l’utilisation des armes, de développer leur résistance, d’affûter leur courage ; tentation aussi de transformer le chasseur en guerrier et d’en faire un « brave », cet adversaire redoutable qui allait, de façon mémorable, se dresser face à ses envahisseurs.

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Algonquins du Sud

Au sud du lac Michigan, dans les Etats actuels de l’Indiana et de l’Illinois, vivaient d’autres tribus de langue algonquine.

Miamis et Illinois étaient des peuples semi-nomades pratiquant l’agriculture et la chasse aux bisons, comme leurs voisins du Nord. Au sud de la région de la Grande Forêt, occupant la riche vallée de l’Ohio, les Shawnees étaient surtout agriculteurs. Ils entretenaient de bonnes relations avec les Delawares à l’est et les Creeks au sud.
Après avoir, comme les autres tribus algonquines, opté pour l’alliance avec la France, les Shawnees furent pris dans la tourmente des guerres incessantes qui ensanglantèrent l’Est américain. C’est à travers la vallée de l’Ohio que refluèrent les Indiens du littoral atlantique chassés par l’implantation des colons anglais, puis, dès le début du XIXe siècle, c’est par cette même vallée que les Blancs commencèrent une poussée vers la région du Mississipi… Cette seconde vague contraignit les Shawnees à abandonner, comme leurs frères, leurs terres et à fuir vers l’ouest, vers l’exil et le déclin.

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Terre jaune et renards rouges

Les Sauks, Foxes et Kickapoos qui occupaient l’actuel Wisconsin étaient des semi-nomades conjuguant agriculture et chasse aux bisons.

Tous étaient des combattants redoutables mais les Sauks et les Foxes, en perpétuel conflit avec les Ojibwas, témoignaient d’un goût immodéré pour la guerre. Il ne s’agissait pas de batailles rangées à l’européenne, mais d’accrochages entre quelques braves désireux de laver un affront ou de prouver leur vaillance. Les retours de combats victorieux donnaient lieu à cérémonies rituelles telle la Misekwe, la danse du Scalp. Les scalps étaient présentés au chef de clan. Une fois les trophées rassemblés, la danse commençait et chaque combattant faisait le récit de son action. Aucune exagération n’était tolérée sous peine d’attirer le dédain des autres combattants. Un exploit hors du commun — traverser un groupe d’ennemis et toucher un chef de la main ou de son arme — pouvait justifier l’attribution à son auteur d’un nouveau nom en rapport avec son action guerrière.

D’autres cérémonies ponctuaient la vie des tribus des Grands Lacs. Au XVIIe siècle apparut la Midewiwin, société de Grande Médecine. Ses rites étaient censés engendrer des forces capables de vaincre la maladie et d’assurer un voyage paisible vers l’au-delà à tous ceux qui adhéraient. Au cours de la cérémonie d’initiation, les membres de la société jetaient sur les postulants des coquillages sacrés contenus dans un sac-médecine en peau de loutre. Celui qui était touché pensait que le coquillage « entrait » en lui et le tuait. Il tombait sur le sol comme mort… pour ensuite, la magie agissant, se relever à l’aube d’une nouvelle vie.

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Grande Forêt, les hommes du riz sauvage

Semi-nomades eux aussi, les Ojibwas occupaient la rive nord du lac Supérieur et profitaient simultanément des richesses de l’eau et de la forêt.

Près de la baie Green, au nord-ouest du lac Michigan, les Menominees faisaient exception. Plus sédentaires que tous leurs voisins, leur vie s’organisait autour de la pêche aux esturgeons et de la récolte du riz sauvage. Cette graminée poussait en abondance dans les eaux boueuses des rivières et des lacs. La récolte se faisait en canot à la fin de l’été. Un homme conduisait l’embarcation et deux femmes, saisissant au passage des brassées de tiges, faisaient tomber les grains au fond du canot.
Les Menominees récoltaient plus de riz qu’ils n’en pouvaient consommer. Ils s’en servaient comme monnaie d’échange avec les Winnebagos, leurs plus proches voisins avec qui, malgré la différence de langues, ils entretenaient de cordiales relations.
En échange du riz des Menominees, les Winnebagos, qui étaient d’habiles cultivateurs, proposaient les surplus de leurs récoltes : maïs, tabac… Ils pouvaient aussi offrir à l’échange des peaux de bisons : semi-nomades, ils quittaient leur village principal en été pour chasser les bisons dans les grandes plaines. L’alliance des Menominees et des Winnebagos était aussi un moyen de contenir, au sud-ouest, les Sauks et Foxes, réputés pour leur agressivité.

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Les abords du Lac Huron

La région limitée par les lacs Ontario, Erié, Huron et Simcoe était une enclave fertile irriguée par de nombreux étangs et rivières.

Là s’étendait le territoire des autres nations de langue iroquoise dont la plus importante était la tribu Wendat (Huron). Les analogies avec ceux de la Ligue étaient nombreuses : même habitat, mêmes cultures, même organisation tribale.
Quand Samuel Champlain les rencontra en 1609, les Hurons virent dans l’alliance avec les Français le moyen de contrer la menace que la confédération iroquoise faisait peser sur la région, et la possibilité de s’assurer la place d’intermédiaire dans le commerce des fourrures. Leur fidélité à cette alliance devait les conduire au déclin.
Champlain qui séjourna plusieurs mois chez les Hurons fit de nombreux croquis et observations sur leur vie. Il nota que ce peuple pratiquait une technique de chasse qui lui rappelait « le beau pays de France » : des rabatteurs avançaient bruyamment dans les bois, poussant devant eux les animaux vers des enclos où ils étaient facilement abattus. Champlain fut impressionné par les rites hurons lors de la fête des Morts qui avait lieu tous les dix à douze ans. Les cercueils d’écorce, placés sur une plate-forme à trois ou quatre mètres du sol, étaient ouverts : les chairs des cadavres étaient séparées des os et brûlées. Les os étaient lavés et enveloppés dans des peaux de castors et transportés vers le village où avait lieu la cérémonie. Après un festin et des danses, les os étaient jetés dans une fosse en un grand mélange anonyme. C’était pour les Hurons la condition nécessaire pour que les âmes des défunts puissent partir, par la Voie lactée, vers le royaume des morts où hommes et femmes pourraient reprendre leurs activités traditionnelles : chasse, pêche et agriculture.

Voisines des Hurons, et leurs alliées contre l’ennemi commun iroquois, vivaient d’autres nations : au nord, les Algonkins (qui donnèrent leur nom à la famille linguistique) et les Ottawas des rives de la baie Géorgienne partageaient un même mode de vie de cultivateurs, de pêcheurs et chasseurs. Tous ces peuples menaient une existence semi-nomade en hiver. A la poursuite du gibier, ils se déplaçaient dans un périmètre de cinquante à cent kilomètres autour du village principal. C’est là qu’ils revenaient à la belle saison pour y couler des jours tranquilles : les femmes s’occupaient aux champs et les hommes chassaient le petit gibier dans la forêt voisine. Pour tous, la pêche fournissait un appoint important de nourriture. Les canots en écorce de bouleau étaient alors les véhicules indispensables pour explorer lacs et cours d’eau.

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La Ligue des nations

Les territoires des cinq tribus de la Ligue des nations se disposaient en éventail au sud du lac Ontario.

Les Senecas à l’ouest, puis successivement les Cayugas, les Onondagas, les Oneidas et enfin les Mohawks à l’est. La région est celle des Fingers Lakes ; ces vestiges de la dernière glaciation sont de superbes étendues d’eau enchâssées dans des collines boisées et fertiles. Les Iroquois en étaient-ils les premiers occupants ou vinrent-ils comme des intrus s’installer dans un monde peuplé d’Algonquins ? Si la première hypothèse semble la plus plausible pour les archéologues, la seconde séduit certains linguistes arguant d’une parenté possible entre l’iroquoian et le dialecte caddoan des Pawnees de la plaine occidentale.
Après que ces cinq tribus se furent affrontées jusqu’au XVe siècle, un sage nommé Deganawidah fit le rêve de mettre fin aux luttes fratricides et stériles qui entraînaient la mort de nombreux jeunes guerriers. Un homme, Hiawatha, partit convaincre les tribus d’unir leurs forces au lieu de se combattre. Une confédération prit naissance au XVIe siècle et, l’union faisant aussi la force des Iroquois, ils ne tardèrent pas à affirmer leur suprématie sur tous leurs voisins, en particulier sur leurs frères par le langage, Eriés, Neutres et Tabacs, qu’ils anéantirent. Même les puissants Hurons cédèrent sous leurs coups. Puissance dominante dans une région stratégique, les Iroquois essayèrent également de contrôler le commerce des fourrures dès la fin du XVIIe siècle. Leur rôle dans la guerre franco-anglaise fut déterminant.
Les Iroquois habitaient de longues demeures que se partageaient plusieurs familles du même clan. Le village, regroupant plusieurs de ces habitations, était protégé par une palissade et se situait à proximité d’une rivière et sur une éminence. Le proche environnement était défriché et cultivé. Tous les quinze ou vingt ans, le village se déplaçait après épuisement de la nature alentour.
Comme chez certaines tribus algonquines, ainsi les Delawares, les femmes iroquoises jouaient un rôle prépondérant dans la communauté ― sous l’autorité de leur doyenne, elles détenaient tous les biens, en particulier les grandes maisons. Elles assuraient les récoltes de maïs, de courges ou de fèves et se chargeaient de stocker les réserves dans des silos creusés en terre et tapissés d’herbes et d’écorce. Elles s’occupaient des enfants et des vieillards. Le lignage par les femmes restait la base de l’organisation tribale.
Elles seules désignaient les chefs représentant la tribu au Grand Conseil, l’instance suprême de la ligue. Ces chefs étaient choisis parmi les descendants mâles des mères des premiers chefs réunis par Hiawatha. Les décisions du Grand Conseil étaient contrôlées par les femmes qui ne se privaient pas, à l’occasion, de manifester leur désaccord ou de désavouer un chef et de le remplacer.
Les cérémonies qui ponctuaient la vie communautaire étaient soit liées au rythme des saisons et des cultures (fêtes de la pomme, du maïs, des fraises, expressions de gratitude envers la terre nourricière), soit des fêtes de sociétés religieuses ayant vocation de guérir (False face society) ou de prédire l’avenir (Hunk face society).

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Entre Hudson et Saint Laurent

Au nord, les Micmacs, Malecites, Abnakis, Pennacooks vivaient dans l’actuel Etat du Maine…

L’Etat du Maine, région montagneuse exposée aux vents froids du Labrador, est peu propice à l’agriculture. Semi-nomades, l’habitat des tribus était précaire : quatre jeunes arbres rassemblés en faisceau et recouverts d’écorce de bouleau constituaient le wig-wam (corruption du mot algonquin wikiwhom, habitation d’écorce). Ces Indiens se déplaçaient au gré de leurs besoins en nourriture dans une nature généreuse malgré un climat excessif: poissons des lacs et des rivières, oies, canards et castors en multitude.
Leur gibier de prédilection était l’orignal, animal solitaire mais proie de qualité représentant un apport important en viande et peau. Les techniques de chasse variaient suivant les saisons : piégé au filet ou approché par ses poursuivants dissimulés sous des peaux, l’orignal était aussi, en automne, période du rut, attiré à portée de flèches par l’usage d’un appeau imitant le brame d’amour. Cette méthode était utilisée par tous les chasseurs d’élans de la Grande Forêt et du subarctique. En hiver, l’orignal, comme le bison, se déplaçait difficilement dans la neige profonde : un Indien chaussé de raquettes pouvait alors l’approcher et le tirer à bout portant.

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Sud-Est, les hommes de l’alligator

Dès que fut terminé l’épisode des découvertes s’ouvrit l’ère des explorations et des conquêtes. S’implantant dans les Antilles, les Espagnols lancèrent leurs capitaines à l’assaut des terres nouvelles. En quelques dizaines d’années, le golfe du Mexique devint une mer espagnole et des expéditions partirent vers l’ouest et le sud.

L’étroitesse du nouveau continent s’imposait toujours dans les esprits et la découverte de l’océan Pacifique par Balboa (1513) ne fit que renforcer cette idée. La recherche de l’hypothétique passage vers les Indes Orientales, l’attrait des richesses et le goût de la conquête exaltèrent 1′ardeur des Espagnols.
Le Nord semblait moins prometteur de trésors et de gloire. II ne fut l’objet, dans une première phase, que de petite expéditions. Le premier à se lancer fut Ponce de Léon : abordant le continent le 27 mars 1513, il s’engagea dans une nature luxuriante. Mais ce n’était pas l’attrait de ces paysages inconnus qui poussait le vieux soldat. Ce n’était pas non plus pour la gloire du roi d’Espagne qu’il bravait le danger : venant d’épouser une jeune et jolie femme, son objectif était de découvrir la source de jouvence dont on parlait dans les légendes de marins. Il comptait sur les bienfaits de cette eau pour retrouver une juvénile ardeur…

Lors d’un premier voyage, les Espagnols tuèrent quelques Calusas ; au terme d’un deuxième, huit ans plus tard, ce furent les Indiens qui exterminèrent la presque totalité de l’expédition. Ponce de Léon lui- même, atteint par une flèche, mourut des suites de sa blessure à son retour à Cuba. Il n’avait pas trouvé la source recherchée et les Indiens, désormais, allaient s’opposer à toutes les incursions espagnoles. Successivement, et avec des effectifs de plus en plus importants, Vasquez de Ayllon, Panfilo de Narvaez, Hernando de Soto aborderont la Floride et tenteront de se frayer un chemin à grands coups d’épée. Tous les trois y laisseront leur vie. Des récits des survivants, les Espagnols tireront un enseignement: il existe au nord de vastes territoires, peuplés d’hommes courageux, qui seront très difficiles à soumettre. Les Espagnols abandonneront momentanément leurs projets de conquête de la Floride. Mais dès la seconde partie du XVIe siècle, des velléités d’implantation française et anglaise obligeront la puissance ibérique à réagir, afin de préserver une région qu’elle considère comme incluse dans sa zone d’influence. Espagne, France, Angleterre s’opposeront, le plus souvent par l’intermédiaire des Indiens que chaque grande puissance gagnera à sa cause. En moins de deux siècles, guerres incessantes et épidémies scelleront le destin des grandes nations indiennes voisines de l’Atlantique.

La région du Sud-Est comprend la Louisiane, le Mississippi, l’Alabama, le Tennessee, la Floride, la Géorgie, la Caroline du Sud, une partie importante de la Caroline du Nord et des deux Virginie, soit tous les Etats situés au sud d’une large courbe allant de l’embouchure du Rio Bravo au détroit de Pamlico. Avant l’arrivée des Européens, les Indiens de la région vivaient sans difficulté, proches de la nature sous un climat humide et doux. Leur population est évaluée à plus d’un million d’individus au début du XVIe siècle.

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Grands Pères et peuples de l’Est

Exemple type de ces communautés algonquines, les Delawares constituaient la nation la plus importante de la région.

Elle n’était pas une structure monolithique, mais plutôt un ensemble de lignages familiaux, chacun dirigé par un sachem désigné pour sa sagesse mais dont le pouvoir était limité et les décisions soumises au Conseil des Anciens. A sa mort, le sachem était remplacé par un autre homme, généralement son plus proche parent par les femmes (le fils de sa sœur, par exemple), car la société delaware reposait sur un système de transmission de biens et de pouvoirs par la lignée féminine. Cependant, seuls les hommes assumaient les responsabili¬tés économiques, religieuses ou politiques.
Etablis en bordure de rivière, les villages delawares se composaient de constructions de différentes grandeurs : du wigwam familial à la vaste maison commune. Les Delawares vénéraient le Grand Esprit, ensemble des forces qui animaient la Nature et s’adressaient aux hommes par le truchement des phénomènes naturels. Ces forces étaient partout, habitaient chaque être et chaque chose.
Fréquemment, les Algonquins se visitaient entre voisins pour échanger leurs produits ; ces transactions donnaient lieu à réception amicale, où l’on se témoignait sa confiance en fumant ensemble longuement.
Des affrontements survenaient aussi entre ces tribus, mais davantage par souci de préserver leur identité et leur liberté que par volonté de conquête et de domination.
S’ils n’étaient gâchés par une maladresse, les premiers contacts avec les Européens furent souvent amicaux. Est-ce par calcul ? par prudence ? ou le fait du naturel accueillant de ces peuples ? L’exemple de Massacoit, chef des Wampanoags, qui sauva du désastre les survivants du Mayflower, plaiderait plutôt pour la dernière hypothèse. La suite de l’histoire prouvera que la plus grande agressivité n’était pas du côté des Indiens.

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Au nom de la Reine vierge

Du nord au sud, du territoire des Tuscaroras aux rives de l’actuel New Hampshire, les tribus algonquines se partageaient le littoral…

Secotans, Powhatans, Nanticokes, Delawares, Mohegans, Narragansetts, Wampanoags, Massachusetts qui se partageaient les côtes profitaient simultanément de la forêt, d’une fertile plaine côtière et de l’océan avec ses inépuisables ressources en poissons, crustacés et coquillages.
Cette côte fut le terrain de conquête des Anglais. Sir Raleigh l’atteignit en 1584 et envoya Arthur Barlow explorer l’arrière-pays ; ils prirent possession de la région et la baptisèrent Virginie en l’honneur de leur souveraine Elisabeth I, la « Reine Vierge ». Barlow, dans son périple, rencontra des Indiens : « Ce sont des hommes très aimables, accueillants, sans ruse ni dissimulation. Ils semblent vivre à l’âge d’or de leur histoire… » Malgré ces heureux présages, deux essais successifs d’implantation se soldèrent par des échecs. John White, chargé par Raleigh de retrouver la trace de ses anciens compagnons dans les tribus du voisinage, ne put que constater leur disparition ; il laissa derrière lui une nouvelle colonie de cent vingt-deux hommes à Roanoke.

Quand Raleigh et John White revinrent en 1590, la colonie avait mystérieusement disparu et nul ne sut avec certitude ce que ces hommes étaient devenus. John White ne revit jamais ses compagnons, mais il a laissé une série de dessins, témoignages de la vie des Indiens Secotans et de l’organisation de leurs villages.

En 1607, une nouvelle colonie de cent quarante-quatre Anglais s’établit sur le territoire des Powhatans. Ils avaient pour consigne de « ne pas offenser les naturels », mais leur fanatisme religieux, leur cupidité et la brutalité de leurs méthodes ne tardèrent pas à faire naître l’hostilité des Indiens. Malgré le mariage de John Smith, chef de la colonie, avec Pocahontas, fille du roi Powhatan, les années qui suivirent allaient voir se succéder épisodes sanglants et traîtrises. L’irrésistible expansion de la colonie se fit au prix de l’éclatement de la confédération Powhatan et de la disparition des tribus qui la composaient.

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Grande forêt, les hommes du castor

C’est par cette région qu’au XVIe siècle, Français et Anglais prirent pied sur le nouveau continent. Ils découvrirent une vaste contrée couverte d’une épaisse forêt, éclairée par un réseau dense de rivières et de lacs.

Seules quelques modifications du décor naturel témoignaient de la présence des hommes : implantations de villages à proximité des points d’eau, utilisation de quelques surfaces déboisées pour la culture du maïs ou du tabac. Les poissons abondaient dans les eaux et divers gibiers foisonnaient du sous-bois à la cime des arbres. Chaque printemps, les Indiens partaient récolter la sève de l’érable. Le liquide était stocké dans des seaux en écorce de bouleau et on y jetait des pierres brûlantes afin de le porter à ébullition. Le sirop ainsi obtenu après cuisson allait constituer un des éléments de base de la nourriture indienne.
Pêcheurs, chasseurs mais aussi cultivateurs, les Indiens puisaient dans cette immense forêt la matière première indispensable à la fabrication des armes et des ustensiles familiers, à l’édification des habitations ou des palissades protectrices des villages. Les arbres étaient brûlés à la base pour être abattus facilement ; le bois était ensuite taillé, creusé, poncé à l’aide d’outils en pierre, os ou coquillage. Des opérations de démasclage permettaient de récupérer l’écorce des arbres : aplatie et taillée en plaques, elle était utilisée pour recouvrir les murs et les toits des maisons communes ou pour fabriquer les canots. Les fibres ligneuses les plus longues et les plus souples servaient à la confection de liens ou de filets. Comme tous leurs frères du continent, les Indiens de la Grande Forêt parvenaient à tirer le meilleur parti de leur environnement.
Ce sont ces hommes que les Français d’abord, les Anglais quelques années plus tard, rencontrèrent. Des hommes coiffés de plumes, le visage et le corps peints de couleurs éclatantes. Leur fantaisie dans ce domaine ne connaissait point de limite et les descriptions des témoins trahissent leur étonnement : « nez peint en bleu… sourcils et joues en noir… rayures rouges, bleues, noires de la bouche aux oreilles… visage entièrement noir sauf le front, le pourtour des oreilles et le menton… bande noire ou rouge d’une oreille à l’autre… visage moitié vert, moitié rouge ». Les peintures se combinaient avec les tatouages, fréquemment pratiqués sur les garçons et les filles dès la puberté. Le thème du tatouage était le plus souvent une évocation de la puissance protectrice, animal ou force naturelle, révélée par des visions ou des rêves. Dans certaines tribus, comme les Neutres du lac Erié, les tatouages pouvaient recouvrir tout le corps dans une sorte de délire décoratif.
Dans cette vaste région (3 000 km d’est en ouest et environ 2 000 km du nord au sud), la majorité des tribus pratiquait des dialectes algonquians. Les seules exceptions étaient les Winnebagos (siouan) qui vivaient sur les rives du lac Michigan et les nations du groupe iroquoian regroupées à l’est et au sud du lac Ontario. Un dernier peuple de langue iroquoiane, les Tuscaroras, vivait sur le littoral atlantique de l’actuelle Caroline du Nord.

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Sud-Est, chez les hommes du soleil

Les Indiens du Sud-Est structuraient l’univers en trois niveaux : un monde « du haut », un monde « du bas » et un monde réel

Bien intégrés dans un environnement qu’ils respectaient, les Indiens du Sud-Est structuraient l’univers en trois niveaux : un monde « du haut », fait d’ordre et de pureté, un monde « du bas », refuge des forces maléfiques et perturbatrices. Ces mondes étaient en conflit permanent, à la recherche d’un équilibre qui ne pouvait se réaliser que dans un troisième niveau intermédiaire : le monde réel où vivaient hommes, plantes et animaux. Les animaux, eux aussi, se classaient en trois catégories : les animaux à quatre pattes, les plus familiers du monde réel dont le cerf est l’exemple emblématique ; les oiseaux qui frôlent de leurs ailes le monde « d’en haut » ; les serpents, lézards, poissons, insectes en contact avec le monde « d’en bas ». Certains animaux, regardés avec crainte, échappaient à cette classification : la chauve-souris et l’écureuil volant (4 pattes mais évoluant dans l’air), les grenouilles et les tortues (4 pattes mais en contact avec l’eau), les chouettes et les couguars (voyant de nuit), certains serpents capables d’évoluer au sol et dans les arbres. Apte à se déplacer sur quatre pattes et aussi, comme l’homme, sur deux, l’ours occupait une place particulière : aux yeux des Indiens, c’était un homme qui refusait la condition humaine et préférait vivre tel un animal. Les végétaux étaient classés en deux catégories, selon que leur feuillage était caduc ou persistant.
Pour ces Indiens bien organisés, le monde réel était une construction simple et logique : une île flottant sur les eaux et suspendue au ciel par les quatre points cardinaux… c’est peu de dire que cette naïve et poétique vision s’effondra le jour où les Espagnols, les « hommes de fer », puis d’autres, tous venus d’ailleurs, firent irruption dans leur univers, apportant la dévastation, la maladie et la mort.

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Sud-Est, les peuples de Floride

Des conflits mineurs opposaient fréquemment ces peuples, autant par goût du combat que pour préserver leurs territoires de chasse.

La décision de déclencher une opération était toujours longuement discutée par une assemblée de sages réunis autour du chef de la communauté. Si l’option belliqueuse l’emportait, un chef de guerre était désigné dont la tâche première consistait à exalter le courage des hommes. Ensuite commençaient les préparatifs rituels qui pouvaient durer plusieurs jours et constituaient une mise en condition physique et morale jugée indispensable. Les hommes ne devaient plus avoir de contact avec les femmes et s’astreignaient à un jeûne absolu avec prises de potions vomitives à base de plantes. Cette recherche de pureté s’accompagnait de danses et de récits relatant les exploits des anciens. Un festin clôturait ces préparatifs où étaient servies des viandes d’animaux réputés pour leur courage (cerf) ou leur fidélité (chien). Ultime précaution, les augures étaient consultés ; s’ils étaient défavorables, l’entreprise s’arrêtait, sinon les guerriers partaient, peints de rouge et de noir, couleurs de guerre et de mort. L’engagement était bref : tuer, scalper, enlever des prisonniers, « signer » le raid et repartir, triomphant, vers ses bases. Le retour des guerriers victorieux était célébré par de nouvelles cérémonies pendant plusieurs jours. Ce n’est qu’à leur terme que se décidait le sort des prisonniers : adoption, esclavage ou mise à mort.

Pour se tenir à l’abri des raids ennemis, les villages étaient entourés de palissades et souvent pourvus d’une tour de guet. Chaque village s’organisait autour des centres principaux d’activité : la maison du conseil, le lieu de rassemblement des anciens, l’aire où les jeunes s’exerçaient aux armes de trait et où avaient lieu les parties du jeu de lacrosse. Ce « sport » collectif était pratiqué par les Indiens du Sud-Est avec une violence particulière. C’est là que se forgeait le tempérament des futurs guerriers. Si ces peuples s’affrontaient, ils le faisaient au nom de leurs traditions guerrières, prompts à saisir au vol tout sujet de désaccord ou atteinte à leur fierté. Ils n’en possédaient pas moins une grande similitude de culture et de mode de vie. Etablis dans une région hospitalière et habiles cultivateurs, ils faisaient face sans difficulté aux besoins alimentaires de leurs communautés (culture de maïs, de courges, de tournesol), les animaux étaient nombreux et les Indiens ne manquaient pas d’ingéniosité pour les chasser. Selon le témoignage de Jacques Le Moyne, dessinateur et cartographe français qui séjourna en Floride vers 1565, les Indiens se dissimulaient sous des peaux pour approcher leur gibier préféré, le cerf, ou piégeaient l’alligator en enfonçant une longue perche épointée dans la gueule du reptile. Pour le petit gibier ou les oiseaux, les Cherokees utilisaient des sarbacanes capables de propulser à plus de vingt mètres des projectiles meurtriers. Tous ces Indiens se distinguaient par une grande connaissance des propriétés médicinales des plantes. Les Cherokees et les Chickasaws mettaient à profit les propriétés stupéfiantes des plantes contenant de la saponine pour réussir sans fatigue ― et sans miracle ! ― des pêches abondantes,

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Sud-Est,les agriculteurs du Mississippi

Comme chez tous les Indiens, les rôles respectifs des hommes et des femmes étaient parfaitement définis. Les hommes chassaient, péchaient, défrichaient les terres à cultiver, construisaient maisons et palissades, fabriquaient armes et canots ; les femmes plantaient et récoltaient, cuisinaient et prenaient en charge les travaux de poterie, de vannerie, de tannage, de couture.

Parce que la famille constituait l’unité de base des sociétés indiennes, l’union de deux êtres était un événement important qui ne pouvait se conclure qu’au terme d’une série d’étapes convenues. C’est une tante du garçon qui avait mission d’informer la jeune fille. Celle-ci devait un certain jour prévu, mettre en évidence devant sa maison un bol de hominy. Le garçon venait alors solliciter la faveur de manger cette préparation de maïs ; en l’y autorisant, la jeune fille signifiait l’acceptation de sa demande. Dans le cas le plus heureux, la famille du futur préparait les cadeaux et les jeunes gens pouvaient vivre comme mari et femme, sous un nouveau toit. Si un an plus tard ils vivaient toujours ensemble, le mariage était considéré alors comme définitivement conclu.

D’autres conventions régissaient la vie des Indiens du Sud-Est: la bigamie était autorisée, mais il s’agissait le plus souvent de la sœur de la première femme, ce qui constituait un gage de bonne entente. Une veuve devait attendre quatre ans avant de convoler à nouveau, sauf si elle se remariait avec un proche parent de son défunt mari ; les périodes de menstruation et de grossesse s’accompagnaient de contraintes et d’interdits. A l’exception des Natchez et des Timucuas dont les sociétés monarchiques dépendaient d’une transmission héréditaire du pouvoir, les tribus du Sud-Est fonctionnaient selon des principes « démocratiques », autour d’un système coutumier basé sur la filiation par les femmes. Les chefs étaient choisis pour leur sagesse : ils conduisaient les cérémonies mais leur poids politique se limitait à diriger les débats du conseil en assumant un rôle de conciliateur suprême.


Les Appalaches

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Les touristes leur jettent des bananes, comme à des animaux

Au mépris de la loi, policiers et commerçants organisent des circuits qui s’approchent de la tribu isolée Jarawa, sur l’archipel des Andaman.

“Danse”, ordonne le policier. Les jeunes femmes, seins nus, obéissent. La caméra se déplace vers une autre jeune femme qui tient devant elle un sac de céréales, l’air embarrassé. “Danse pour moi”, ordonne à nouveau le policier. Elle pouffe puis sautille timidement d’un pied sur l’autre. La caméra revient sur les autres femmes qui tapent dans leurs mains et se balancent.
Voici le genre de vidéo que rêvent de tourner les touristes qui partent “en safari” dans la jungle des îles Andaman. La beauté de la forêt ne sert que de décor. Le but du voyage est de voir les Jarawa, une tribu isolée qui commence tout juste à entrer en contact avec le monde extérieur. [...]
Pour Survival International, l’organisation qui lutte pour les droits des peuples indigènes et fait campagne pour les Jarawa depuis vingt ans, la situation actuelle est précaire. “Ils pourraient très facilement être décimés ou réduits à l’état de dépendance, comme c’est arrivé à tant d’autres tribus dans le monde”, déclare Sophie Grig, porte-parole de l’organisation. La fermeture de la route permettrait au moins à la tribu de décider si elle veut ou non avoir des contacts avec les étrangers…


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Les Osages, Sioux Dhegihas

Leur nom serait le résultat de la corruption par des commerçants français de leur nom d’origine, Wazhazhe.

De langue siouan, ils vivaient au sud du Missouri et nord de l’Arkansas. Ils représentaient la plus importante tribu des Dhegihas, leur organisation était comparable aux autres tribus du groupe : descendance par les pères, interdiction de mariage entre membres du même clan, spécialisation des clans dans leur activité au service de la communauté. La tribu était partagée en deux moitiés : celle de la guerre et celle de la paix. Jacques Marquette les rencontra en 1673. Ils furent alliés des Français pour vaincre les Foxes en 1714 et se signalèrent ensuite par une intense activité guerrière, leur nom devenant synonyme d’ »ennemi » pour les autres Indiens. En 1802, des commerçants français les persuadèrent de remonter le cours de l’Arkansas pour s’installer dans ce qui allait devenir l’Oklahoma. Ils subirent successivement la venue des tribus chassées de l’est du continent et l’invasion des émigrants blancs. D’abord établis dans une réserve au Kansas, ils s’installèrent définitivement en Oklahoma en 1870. Ils étaient 6200 en 1780; sensiblement le même nombre en 1985.

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Les Mandans

Le terme Dakota Mawatani les désignait. Eux-mêmes s’appelaient Numakaki : « les hommes ».

De langue siouan, ils vivaient au Dakota du Nord, sur les bords du Missouri, entre les confluents des rivières Little Missouri et Heart.
Ils associaient une vie sédentaire de cultivateurs de maïs et de chasseurs de bisons. Ils étaient aussi d’habiles potiers. Leur position sur le Missouri faisait de leurs villages un lieu d’échange entre tribus du nord et du sud et, plus tard, entre négociants blancs et Indiens pour le commerce des fourrures. Organisés en deux demi-tribus, les Mandans étaient étroitement liés aux Hidatsas et aux Arikaras.
Venus des Grands Lacs vers le XIVe siècle (probablement issus d’une grande nation Winnebago), ils furent parmi les premiers Sioux à s’installer dans la Grande Plaine. Ils furent visités par La Verendrye en 1738, par Lewis et Clark en 1804, puis par les peintres George Catlin et Karl Bodmer en 1832 et 1833. L’épidémie de variole de 1837 les toucha durement, ne laissant que 128 survivants (23 hommes, 40 femmes et 65 enfants). Ils étaient 3 600 en 1780, 1 600 en 1837 avant l’épidémie, 705 en 1970 dans la réserve de Fort Berthold, autour du lac Sakakawea (Dakota du Nord), avec les Hidatsas et les Arikaras.

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Ethnies, les paroles données

Le 12 février 1947, en Birmanie, dans l’Etat shan,le héros de l’indépendance Aung San – père de l’opposante Aung San Suu Kyi – et des délégués kachins, chins et shan paraphaient l’accord de Panglong.

Telle une éternelle rengaine, des traités signés avec les Indiens et maintes fois trahis par les Blancs au mensonges intéressés ou discriminatoires


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THAÏLANDE, les tests ADN au secours des animaux sauvages

Début février, Bangkok Post, la police découvre 400 kilogrammes de viande de tigre dans une maison de Bangkok…

Mais aussi des carcasses de zèbres, des morceaux d’éléphant, de crocodiles et de buffle sauvage. La Thaïlande est une plaque tournante des trafics illicites d’animaux sauvages destinés à la consommation. Le recours à des tests ADN est envisagé afin, selon Interpol, de tracer l’origine géographique des animaux. Cela permettrai aussi de créer une banque de données et de mieux coordonner la collaboration entre Etats.


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Le scandale des « safaris humains » gagne l’Amazonie

Dans l’Amazonie péruvienne, c’est la nouvelle attraction : des guides malintentionnés organisent des « safaris humains » pour permettre aux touristes de photographier des tribus indiennes isolées. Au risque de contribuer à leur extermination.


L’organisation de « safaris humains » suscite de nouvelles inquiétudes au Pérou où certains voyagistes exploitent les tribus indiennes isolées de la forêt amazonienne. L’augmentation de l’activité économique et touristique dans le parc national du Manu s’est traduite par une multiplication des rencontres avec les Mashco-Piro, une des 15 tribus indiennes du Pérou n’ayant pas de contact régulier avec le monde extérieur (et l’une des 100 dernières dans le monde).


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Comptez les oiseaux pour lire l’avenir

Février 2012, réalisé chaque année par des milliers de bénévoles, le recensement aviaire aide les chercheurs à étudier les conséquences du réchauffement climatique.

Depuis dix ans, 2 000 cercles d’ornithologues amateurs (60 000 bénévoles) participent au Recensement des oiseaux de Noël. La National Audubon Society, l’une des plus vieilles ONG américaines de protection de l’environnement, orchestre chaque année, aux quatre coins de l’Amérique du Nord, le comptage des oiseaux durant la période du 14 décembre au 5 janvier. Les données collectées sont destinées à des centaines d’études scientifiques. Si l’exploitation des comptage était jusqu’à maintenant rétrospective, les chercheurs envisagent d’utiliser ces données afin d’anticiper sur les migrations des oiseaux en fonction de différents scénarios climatiques. La base de données existante du RON est inégalée quant à la répartition dans le temps des oiseaux puisque ce recensement a commencé en 1900 et se répartis aujourd’hui sur au moins 3,5 millions de kilomètres carrés.


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Les éléphants continuent d’être menacés

Février 2012, macabres découvertes au parc national de Bouba Ndjida, dans le nord du Cameroun, à la frontière avec le Tchad

Dans le parc de Bouba Ndjida (220 000 hectares) où vivent entre 600 et 800 éléphants), les cadavres de 200 pachydermes abattus depuis le début de l’année ont été retrouvés. D’autres estimations vont jusqu’à 450 individus, Six militaires tchadiens, qui ont essayé d’intercepter les braconniers, ont été tués, affirmait mi-février le quotidien Cameroon Tribune. Les braconniers se déplacent à cheval, parfois par groupe de 50 hommes. Leur butin est transporté par dromadaire vers le Tchad, avant d’être probablement acheminé jusqu’en Chine, malgré l’interdiction du commerce et du trafic d’ivoire sur le plan international depuis 1989. Le kilo d’ivoire, devenu une valeur refuge, s’échange, au minimum, contre plusieurs centaines d’euros. Au Cameroun, le prix de la pointe d’ivoire varie entre 50 000 et 100 000 Fcfa, soit 75 et 150 euros. Ce prix peut être multiplié par 5, voire par 10 lorsqu’elle est vendue à l’extérieur du pays. Le scénario se répète chaque année depuis trois ou quatre ans. «on savait qu’elles allaient bientôt arriver au Cameroun», explique Céline Sissler-Bienvenu. 

Les autorités camerounaises, connues pour leur gouvernance défaillante, n’ont rien entrepris. Il existait entre 1 000 et 5 000 éléphants en 2007 au Cameroun, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ces dernières années, les braconniers ont déjà quasiment exterminé l’espèce au Tchad et dans le nord de la République centrafricaine. Les actes de braconnage d’éléphants sont en nette hausse en 2011. Cette forte augmentation du braconnage ne concerne pas seulement le Cameroun, mais aussi 38 pays africains où vivent des éléphants.

 

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Ils auraient pu ne pas mourir de faim

Février 2012 – La famine qui sévit chez les Indiens Rarámuris de la Sierra Tarahumara aurait pu être évitée. Mais les autorités ont attendu que des enfants meurent pour se mobiliser.


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Pourquoi la biodiversité ?

INDIANS WERE RIGHT ! Les Indiens avaient raison…

INDIANS WERE RIGHT ! Les Indiens avaient raison, la cohabitation harmonieuse avec la nature n’est plus seulement la préoccupation des quelques « primitifs » d’hier, de quelques « illuminés » d’aujourd’hui… Les citoyens de tous les continents, pour peu qu’ils aient accès à l’éducation, sont en train de prendre la mesure des dégâts et, faits récents, de l’accélération du temps ! Dans un monde en grande incertitude, les prévisions du début du siècle nous projetaient à 30 ans voire jusqu’en 2100. 10 ans après, les délais sont divisés par 3. Energie nucléaire, réserves de pétrole, catastrophes naturelles, perturbations climatiques… Les problèmes vont frapper à notre porte… maintenant. 

Qui étaient donc illuminés ? Les Indiens honorant la nature, désintéressés par la propriété, organisant leur société, sans doute aussi imparfaite comme toute organisation humaine, autour de principes d’honneur, de bravoure, d’adresse, ou de paroles tenues ? Les hippies, plus brouillons certes, mais tout aussi épris de nature et actifs pacifistes des années 70 ? Les « écolos », un temps aussi « illuminés ignorés », devenu mouvements d’idées, alternative politique et incontournable paramètre de la chose politique ? Si tous cela étaient illuminés, les autres furent aveugles.

Les Indiens, les hippies, les écologistes avaient raison, fondamentalement ! A l’inverse d’un choix simplement suicidaire, bien évidemment qu’il est dans le sens de la vie que de s’entendre avec son environnement. Un environnement, un biotope au sein duquel nous n’avons que deux pouvoirs, détruire ou nous intégrer pour mieux assurer notre survie en son sein. Bien entendu, qu’en optant pour un modèle de développement comme celui qui officie actuellement nous allons au-devant de problèmes historiques et vitaux, sans précédent dans l’histoire humaine. Et naturellement, permis par l’aveuglement des adeptes de notre modèle depuis 30 ans, des experts, politiques, industriels, aux consommateurs « téléivores » et autres citoyens tranquilles, tous cela va arriver bien plus vite que prévu.

De cette perspective, de l’exemple beau, parfois remarquable donné par les peuples nord-américains, et d’autres sociétés et civilisations traditionnelles, nous tirons un premier but pour cette rubrique de planeteindienne.com : honorer la vie et la défendre. Pour atteindre ce but, vous trouverez dans cette rubrique les données suivantes :

1 – Un bilan statistique permanent et à jour de la biodiversité.
2 – Une collecte des informations d’actualité relative aux espèces animales.
3 – Une collecte des informations d’actualité relative aux biotopes.
4 – La diffusion des actions des défenseurs de la planète avec deux priorités :
(i) Les actions abordant les questions les plus sensibles.
(ii) Les actions aux stratégies ou aux résultats les plus significatifs.
5 – Enfin, les données et les éléments de découverte spécifiquement liés aux biotopes des peuples amérindiens.

La rubrique va démarrer maintenant début mars, puis s’étoffer progressivement afin d’atteindre sa vitesse de croisière cet été 2012.

 

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Grande Plaine, au long du Missouri…

L’Indien croyait le monde peuplé de puissances maléfiques qu’il fallait redouter, ou bénéfiques qu’il fallait honorer.

Le tonnerre, les éclairs étaient les mouvements d’humeur de ces puissances ; le froid, la sécheresse, la rançon à payer pour mériter les bienfaits de la nature : le renouveau du printemps, l’eau des ruisseaux, les fruits des arbres… L’Indien vivait en harmonie avec la nature et chacun de ses actes était teinté de sacré. Si les bisons étaient nombreux dans la plaine, c’est parce que les esprits avaient exaucé les prières du chasseur. Il fallait évoquer ces esprits avec ferveur pour que rien ne vienne troubler le bel ordonnancement des choses, pour que le soleil se lève chaque matin, que le printemps succède à l’hiver, que la chasse soit fructueuse ou la récolte abondante. Accordant une grande importance à ses songes, l’Indien recherchait cet état second propice aux visions et hallucinations.
Les Mandans pratiquaient des rites initiatiques impressionnants lors de Yokeepa : des jeunes, après avoir été balafrés sur le dos, les épaules et les jambes, étaient sus¬pendus au faîte de la hutte des cérémonies par des chevilles de bois perçant les muscles de la poitrine et des bras. D’autres rituels marquaient la récolte du maïs. La pratique des sudations prolongées était fréquente dans les tribus des plaines comme en d’autres régions. Les séances avaient lieu dans des abris (onikaghe ou sweat lodges) réservés à cet usage. Les femmes jetaient de l’eau sur des pierres disposées au-dessus d’un feu, provoquant une abondante vapeur. Immobile, transpirant, privé de nourriture, l’Indien attendait le moment où, à la limite de la syncope, arriveraient les hallucinations. De l’interprétation de ces visions dépendait toute décision importante pour lui-même ou sa tribu : guerre, chasse, migration du village…
Au terme de l’adolescence, l’Indien devait se retirer pendant plusieurs jours en observant un jeûne absolu. Le premier animal qu’il voyait en rêve deviendrait son protecteur ; il ne devrait plus jamais tuer un spécimen de cette espèce mais s’en inspirer pour constituer sa médecine. Cette médecine (déformation du mot algonquin mide- wiwin) était un ensemble de petits objets, talisman que chaque guerrier portait sur lui. Elle lui était indispensable, non pour se soigner, comme la traduction le laisserait supposer, mais pour se protéger et y trouver les présages qui guideraient ses décisions.
Surnommé à tort sorcier par les Blancs, le chaman était censé détenir le pouvoir de communiquer avec les forces invisibles qui entourent l’humanité. Personnage important, disposant de prestige et d’influence, il vivait seul, redouté, à l’écart, soumettant son corps à diverses épreuves de purification, voire à des mutilations. L’une des tâches du chaman consistait à soigner les malades. Les Indiens pensaient que les maladies étaient une punition ou une vengeance des forces maléfiques. Apaiser la douleur signifiait donc vaincre les démons et le chaman disposait pour cela d’un arsenal hétéroclite d’objets et de produits. Une autre de ses missions était de discerner les bons et les mauvais présages délivrés par les esprits dont dépendaient parfois de graves décisions et le sort de la tribu.


Homme-médecine mandan

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Les Maîtres des Plaines

Alors que les Algonquins dominaient le nord de la Grande Plaine avec les Blackfeet, et l’ouest avec les Cheyennes et les Arapahoes, les Sioux occupaient tout le centre et l’est de la région.

Un usage abusif a amené à désigner sous ce vocable la seule tribu Dakota, sous prétexte qu’elle était la plus importante ; en fait les Sioux (abréviation de l’ojibwa Nadowe-is-iw, « ennemis du sud ») n’étaient pas une tribu mais une véritable nation regroupant tous les Indiens parlant la même langue, le siouan, et que l’on pense venus de l’est du continent (d’où la filiation supposée entre siouan et iroquoian). Robustes, réfléchis, courageux, les Dakotas n’avaient de cesse d’affirmer leur suprématie sur leurs voisins des plaines.
La guerre, chez eux, n’était jamais entreprise sans cérémonie préliminaire et maints tabous associés aux activités guerrières étaient strictement observés. Les guerriers partaient au combat avec la conviction qu’ils n’en reviendraient pas et prévoyaient leur propre mort. Cependant, ils emportaient souvent avec eux des objets censés conférer force et protection. Beaucoup de clans guerriers comprenaient un chaman dont le rôle était de secourir et de conseiller. L’Indien accordait la plus grande importance à son bouclier, mais, autant que par l’objet lui-même, il se sentait protégé par les signes qui l’ornaient ; taillé dans le garrot d’un bison (là où la peau est la plus épaisse), durci au feu, le bouclier était recouvert d’une pièce de cuir tendue sur laquelle le guerrier peignait un dessin rituel, un motif médecine qui lui était apparu au cours d’une vision. Des plumes, des morceaux de fourrure, des scalps ou de petits sachets protecteurs fournis par le chaman pouvaient compléter la décoration.
Symbole de leurs valeurs guerrières, le tomahawk était l’arme préférée des Indiens. En bois, en os ou en corne, décoré ou sculpté, il était pourvu d’une pierre ronde ou pointue et utilisé tant comme arme de jet que pour les combats rapprochés. Au contact des Blancs, le tomahawk se modifia : la pierrre fut remplacée par une forte pointe en métal et, dès les XVIIIe siècle, les Indiens adoptèrent des modèles fabriqués en Europe combinant la fonction guerrière et le plaisir de fumer, à la fois hachette et pipe. Les Sioux affectionnaient aussi les crooked lances, sortes de grandes cannes à bout pointu qui étaient davantage la marque d’une dignité que des armes de combat mais qui, nécessité faisant parfois loi, servaient aussi à porter des coups aux ennemis.

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Les CHEYENNES, peuple d’une langue étrangère

Leur propre nom était Dzitsi’stas, « notre peuple »

Les Cheyennes, appelés ainsi par les Sioux dakotas Sha Hi’yetta, « peuple d’une langue étrangère ». Par simplification phonétique, les Français les appelèrent les « Chiens ». Pour d’autres tribus indiennes, ils étaient « les hommes balafrés » (Arapahoes) ou « les flèches rayées » (Shoshones, Comanches). De langue algonquian, ils viennent du sud des Grands Lacs, à la fin du XVIIe siècle, et s’installent dans le Dakota du Sud, la région des Black Hills. Chasseurs de bisons et de daims, les Cheyennes étaient respectés pour leur haute taille, leur intelligence et leur indomptable courage. Ils furent durement frappés, en 1849, par le choléra et menèrent une guerre intense contre les Blancs, de 1860 à 1878, marquée par le massacre de Sand Creek (1864) où 300 femmes et enfants Cheyennes furent tués. Défaits par Custer sur la Washita, en 1868, les Cheyennes, alliés aux Sioux Oglalas, Hunkpapas et Santees, se vengèrent à Little Bighorn le 25 juin 1876. Ils vivent aujourd’hui dans le Montana et en Oklahoma avec les Arapahoes. Leur population était estimée à environ 3 000 en 1780. Elle était d’au moins 6 000 en 2 000.


Guerrier cheyenne

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Les BLACKFEET

Le nom des Blackfeet est issu de la couleur de leurs mocassins teints en noir, dans leur langue algonquian, « Siksika ».

Originaires du Saskatchewan, ils occupaient le nord du Montana et le sud de l’Alberta canadien. Ils étaient subdivisés en 3 groupes du nord au sud : les Siksikas, les Kainahs (de Ahkainah, « nombreux chefs ») appelés aussi Blood Indians (Indiens du Sang) à cause de leur peinture faciale, et les Piegans (de Pikuni, « vêtus de mauvais vêtements »). Guerriers très agressifs, les Blackfeet constituaient un peuple dominateur organisé en de nombreuses « sociétés » religieuses ou guerrières (telle la société Ikunuhkahtsi, « tous camarades »). Ils se divisaient en petites bandes nomades pour chasser et se réunissaient à la fin de l’été. Les Atsinas étaient sous leur protection. En lutte permanente avec les Kootenais, Flatheads et leurs voisins Sioux (Crows, Assiniboins), ils furent aussi de rudes adversaires des trappeurs. Leur domination déclina à partir de l’épidémie de variole qui les toucha en 1836. Leur population était estimée à 15 000 en 1780 ; 10 000 environ de nos jours.


Portrait de guerrier blackfeet

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SHAWNEES, les hommes au sud de la Grande Forêt

Les Shawnees (Shawutt, « le sud ») étaient de langue algonquian.

Ils vivaient dans la vallée de l’Ohio puis, à la fin du XVIIe siècle, migrèrent dans deux directions. Les uns en Pennsylvanie, près de leurs alliés Delawares, les autres vers la Géorgie et l’Alabama où ils seront connus sous le nom de Sawagonis. Agriculteurs sédentaires et chasseurs, leurs champs et vergers étaient clôturés, leurs villages bien organisés. Les Shawnees étaient connus pour leur courage, leur gaieté et leur bon sens. Ils luttèrent avec opiniâtreté contre les Anglais, puis les colons américains. Leur chef Tecumseh infligea une défaite aux Américains à la bataille de la Wabash, le 4 novembre 1791. Mais, sous la conduite du général Wayne, ceux-ci prirent leur revanche à Fallen Timbers. Malgré les prophéties de Tenskwatawa, frère de Tecumseh, les Shawnees furent définitivement vaincus en 1813. Vingt ans plus tard, ils furent déportés au-delà du Mississippi. Leurs descendants vivent en Oklahoma.


Chasseur shawnee

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Les SAUKS, peuple de la Terre jaune

Les Sauks, « peuple de la terre jaune », sont mentionnés en 1640 par les Jésuites sous le nom huron Hvattoghronon signifiant « peuple du couchant ».

De langue algonquian, ils vivaient à l’ouest du lac Michigan, dans l’est de l’Etat actuel du Wisconsin. Cultivateurs et chasseurs de bisons, semi-nomades comme leurs alliés Foxes, ils étaient réputés parmi les plus belliqueux guerriers de la région des Grands Lacs. Successivement adversaires des Français, des Anglais et des Américains, ils participèrent aux révoltes de Pontiac en 1763 et de Tecumseh, entre 1801 et 1814. Les Sauks signèrent en 1815 un traité qui entérinait la perte de leurs terres. Les Sauks menèrent une ultime révolte, vouée à l’échec, en 1832, sous la conduite de leur chef Black Hawk (« Faucon Noir »). Leurs descendants vivent dans des réserves en Oklahoma avec les Foxes et en Iowa.


Guerrier sauk

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Les IROQUOIS, peuple de la Grande maison

Leur nom vient du terme algonquin Irinakhoiw pour désigner les Senecas : « vrais serpents ». Les Iroquois se désignaient eux-mêmes Hoditionhsiotti, « peuple de la grande maison ».

La Ligue des cinq nations réunissait d’ouest en est :
Les Senecas : déformation par les Hollandais et Anglais de leur nom Tsonondowaka, « hommes de la montagne ».
Les Cayugas : « hommes du bord de l’eau », ou de « la terre boueuse ».
Les Onondagas : Onontage, « sur le sommet de la colline ».
Les Oneidas : Oneniute, « hommes de la pierre debout ».
Les Mohawks : « mangeurs d’hommes », qui se nommaient eux-mêmes Kaniengehaga, « hommes du pays du silex ».

La Ligue devient la Confédération des six nations en 1722, avec l’arrivée des Tuscaroras (« ceux qui récoltent le chanvre »). De langue iroquoian, ils étaient majoritairement établis sur les rives sud du lac Ontario.
Agriculteurs, chasseurs et guerriers d’exception, les Iroquois vénéraient un ensemble complexe d’animaux, de plantes et de forces naturelles. Le Grand Conseil réunissait cinquante sachems (8 Senecas, 10 Cayugas, 14 Onondagas, 9 Oneidas et 9 Mohawks). En fait, seuls 8 Mohawks siégaient, personne ne prenant la place de Hiawatha, l’inspirateur de la Ligue. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les Iroquois furent de tous les conflits. Alliés aux Anglais contre les Français, leurs actions furent déterminantes. Sous la conduite de Joseph Brant, ils restèrent fidèles à leurs alliés contre les Insurgents américains (seuls les Oneidas optèrent pour la neutralité). Leurs villages furent détruits en 1779, au terme de leur défaite. Les communautés iroquois sont maintenant regroupées dans plusieurs réserves de l’Etat de New-York, également dans le Wisconsin (Oneidas), l’Oklahoma (Senecas) et au Canada.


Jeune guerrier iroquois

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Les SEMINOLES, peuple de la Péninsule

Leur nom est peut-être la traduction d’un terme creek signifiant « fugitif »…

Plus probablement, il s’agirait de la corruption de l’espagnol cimarroti : « sauvage ». Eux-mêmes s’appelaient Ikaniuksalgi, « peuple de la péninsule ». De langue muskogean, ils vivaient en Floride. Les Seminoles cultivaient maïs, courges, tabac, patates douces, melons… Ils Elevèrent aussi des bovins à partir d’animaux abandonnés par les Espagnols. Ils étaient aussi d’excellents chasseurs, pêcheurs et cueilleurs de fruits. Peuple métis, constitué par apports successifs d’Indiens fuyant la progression des Blancs (Yamassees, Apalachees, Creeks Red Sticks) et d’esclaves noirs échappant à leurs maîtres. De 1817 à 1858, trois guerres contre les Américains les forcèrent à quitter progressivement la Floride. Hormis 300 Seminoles qui refusèrent de quitter les Everglades, les autres partirent pour l’exil. En 1970, on dénombrait environ 4 000 Seminoles en Oklahoma et 2 000 en Floride.


Chasseurs Seminoles
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Les CHEROKEES, le peuple des grottes

« Peuple des grottes » ou  » peuple d’une autre langue », l’étymologie de leur nom est incertaine. Elle est issue de la corruption de Tsalagi, « peuple des grottes », mot dont ils usaient pour se désigner, soit issu du creek Tsiloki, « peuple d’une autre langue ».

De langue iroquoian, ils étaient établis à l’extrémité sud de la chaîne des Appalaches. Cultivateurs et chasseurs, les Cherokees étaient organisés en 7 clans aux structures complexes. Leur soixantaine de villages était groupée autour de la « capitale » : Echota. Rencontrés par de Soto en 1540, ils furent impliqués dans toutes les luttes qui ensanglantèrent la région. Refoulés vers l’ouest par les colons, ils participèrent à la révolte de Little Turtle et à la victoire indienne de la Wabash (1781). Ils tentèrent de s’organiser en nation sur le modèle blanc. Une écriture fut inventée, un hebdomadaire, le Cberokee Phoenix, publié. Mais la poussée des colons et la découverte de l’or sur leur territoire (1826) précipita leur exil vers l’Oklahoma, que beaucoup payèrent de leur vie sur la Piste des Larmes. Ils participèrent divisés à la guerre de Sécession, certains optant pour le Nord, d’autres pour le Sud. Estimé à 25 000 personnes en 1650, leur nombre approchait les 50 000 en 1982. Une grande majorité vivent aujourd’hui en Oklahoma, même si certains, de plus en plus nombreux, rejoignent les terres ancestrales au Tennessee ou en Caroline du Nord.

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Les CALUSAS, peuple farouche

D’après Hernando Fontaneda, qui fut leur prisonnier pendant plusieurs années, leur nom signifiait « peuple farouche », à moins qu’il ne s’agisse d’une corruption de Carlos (Charles-Quint)

De langue muskogean, ils peuplaient le Sud de la Floride. Des fouilles archéologiques semblent indiquer que leurs ancêtres peuplaient la région environ 1400 ans av. J.-C. Habiles sculpteurs du bois, les Calusas étaient cultivateurs et pêcheurs. Par voie de mer, ils commerçaient avec Cuba et, peut-être, le Yucatân. Ils pratiquaient des sacrifices humains. Leur flotte de 80 canots chassa Ponce de Léon en 1513. Malgré tout, les Espagnols s’implantèrent en Floride à la fin du siècle. Leur population fut estimée à 3 000 en 1650. Un siècle plus tard, quelques survivants se joignirent aux Seminoles, d’autres partir se réfugier à Cuba.

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Les NATCHEZ, les guerriers de la grande falaise

Etymologiquement incertain, leur nom pourrait signifier : « guerriers de la grande falaise ».

De langue muskogean, ils peuplaient les abords du Mississippi. Outre leurs qualités de tisserands, les Natchez se distinguaient par une organisation tribale théocratique, centrée autour d’un monarque autoritaire, le Grand Soleil. Les relations sociales obéissaient à une stricte hiérarchie. Ils constituaient la plus importante tribu de la région. Ils furent pratiquement anéantis en 1729-1730, lors de leur révolte contre les Français. Les survivants se dispersèrent dans des tribus voisines, d’autres furent envoyés comme esclaves à Saint-Domingue. Leur population était estimée à 4 500 en 1650.

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La région de la grande forêt où vivaient les Algonquins…

Au début du 16ème siècle le mythe de l’or et de richesses fabuleuses incite François 1er à s’intéresser aux nouvelles terres.

Il envoie le marin italien Giovanni Verrazano puis le dieppois Jacques Carter explorer l’Amérique. Cartier, débarque dans le golfe du Saint Laurent en 1534 et plante une croix fleurdelisée, marque d’une prise de possession au nom du roi de France ; il ramène en France ce qu’il croit être de l’or et des diamants, mais ce ne sont que des pyrites et du quartz. Le rêve de richesse s’évanouit, seule subsiste la rivalité entre Français et Anglais qui vont poursuivent sur le nouveau continent une lutte pour l’hégémonie mondiale.

Au milieu de cette rivalité, deux familles linguistiques se partagent la région de la Grande Forêt : Algonquian et Iroquoian, sans que cela détermine alliance ou rivalité. Les premiers sont les plus nombreux. Les tribus algonquins (Algonkins, Micmacs, Abnakis, Mahicans, Ottawas, Hurons…) vont fournir des combattants aux Français, les Iroquois seront les alliés des Anglais. Beaucoup d’Indiens vont mourir dans le cadre des guerres pour la succession d’Espagne ou la succession d’Autriche. Mais ceux que l’on surnomme « les Spartiates du Nouveau Monde » sont de redoutables guerriers qui vont peser sur l’issue du conflit !


La région des Grands Lacs

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Quand ils parlaient d’eux-mêmes, ils disaient : 

LE PEUPLE… LES HOMMES… LES HOMMES VRAIS… LES HOMMES DES NUAGES… LES HOMMES DE L’EAU BLEUE… LE PEUPLE DE L’OISEAU…

« Ils vivaient dans un espace immense, vénéraient le soleil et craignaient le tonnerre. Ils cherchaient l’harmonie avec la nature, respectant les plantes et les animaux. Ils honoraient la terre et furent vaincus par d’autres qui ne voulaient que la posséder. Ils étaient courageux et même l’Histoire ne sut leur donner un nom digne d’eux : Peaux-Rouges, pour ces hommes à peau brune, Indiens, en référence à une terre qui n’était pas la leur et à un navigateur qui ne fut pas le premier. Ils étaient dignes de respect et furent traités comme des sauvages par des envahisseurs qui amenèrent avec eux guerres, maladies, violence et cupidité. Même ceux qui venaient prêcher l’amour du prochain s’en mêlèrent : pour des centaines de prêtres-martyrs, combien de moines-soldats, combien de puritains et autres fous de Dieu chassant l’Indien comme on chasse une mauvaise pensée ? Seules quelques voix s’élevèrent pour protester, s’opposer au nom du bien et de la justice. Seuls quelques exemples laissent à rêver que l’Histoire aurait pu s’écrire autrement: Les colons suédois qui vécurent en bonnes relations avec leurs voisins indiens, Les quakers de William Penn qui vinrent avec des idées de paix, conscients d’empiéter sur le domaine d’autres hommes, Les pionniers et coureurs des bois de la Nouvelle-France qui eurent avec les Indiens des relations souvent fraternelles, partageant leur vie et épousant leurs filles, Trop rares exemples, frêles esquifs d’humanité dérivant sur un torrent de larmes et de sang. ».

Montagnes des Rocheuses – Utah

Ce texte a été rédigé en 1994 par Gilbert Legay, graphiste et illustrateur français, photographe et vidéaste, homme de communication et auteur. Pas de points communs en apparence avec le passionné, voire l’expert en matière de civilisations américaines. Mais cette rencontre anonyme est à la croisée des chemins. Beauté, spiritualité, philosophie, histoire, environnement, mode de vie… Les Nations indiennes nous donnent accès à un autre monde, traditionnel et ancien mais d’une étrange modernité à de nombreux égards. Ils nous rapprochent aussi d’une autre histoire, celle des Etats-Unis d’Amérique.

Trois années de travail vont être nécessaires et vont déboucher en 1995 et en 2004 sur l’édition de deux ouvrages. Succès objectifs de librairies, traduits en huit langues, largement diffusés aussi aux Etats-Unis, les deux livres réalisés par Gilbert Legay et Olivier Legay font désormais références :

ATLAS des Indiens d’Amérique du Nord
Editions Casterman – ISBN 2-203-11633-1
DICTIONNAIRE des Indiens d’Amérique du Nord
Editions Casterman – ISBN 2-203-13135-7
C’est avec l’aimable autorisation des Editions Casterman qui permirent ce projet il y a 15 ans et l’adhésion enthousiaste des auteurs que nous vous invitons à la découverte de planeteindienne.com

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